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Jour off promis, jour off dû !

Jour 5 - 13 février

Le voyage, c’est la découverte de l’autre et de territoires inconnus, la confrontation à un ailleurs dont on fait partie intégrante l’espace de quelques jours. Le voyage, c’est l’exploration de cultures, de coutumes, de gastronomies. C’est le plaisir d’être étranger et de spéculer sur toutes ces multiples vies qui auraient pu être les nôtres si nous étions nés en dix-sept à Leidenstadt…, si nous étions nés autre part, là-bas, ailleurs... Mais ce qu’on te cache sournoisement, c’est que le voyage, en dehors de la Suisse, ça peut aussi se traduire pendant de longues heures à la conjugaison du verbe smecter à la troisième personne du singulier du passé simple. Oui, je suis bien en train de te parler de mon autonomie intestinale qui n’a pas dépassé les dix-sept minutes top chrono en cette fin de nuit. Oui, le papier-toilette est devenu pour moi une gourmandise dont je ne peux m'empêcher de me resservir copieusement comme de la tête de veau chez mamie. Oui, je sais, après t’avoir avoué ça, j’ai ma réputation à reconstruire. « Ben alors, Franck, t'as bu l’eau du Gange à la paille, ou quoi ?… Et pis ça t’apprendra à savoir traduire le mot chien en cambodgien avant l’aller au resto ! » Quoi qu'il en soit, même si de touriste à tourista, il n’y a qu’un pas, mon transit intestinal, lui pas aimer ça !

 

Hauts les cœurs ! Je ne vais pas m’apitoyer longtemps sur ces problèmes gastriques classiques d’un voyage asiatique car j'ai une nouvelle journée de voyage à te faire vivre. Et ne t’inquiète pas pour moi, j’ai quoi qu’il arrive appris à gérer des situations bien pires que ça durant mes stages commando. Aussi, heureusement pour moi, à la roulette russe de la diarrhée, le jour d’aujourd’hui est tombé sur le jour de relâche promis à ma femme ; l’objectif étant simplement de musarder tout en profitant tranquillement de Siem Reap. Pour commencer, le programme de la matinée est simple : Se rendre au marché de Phsar Leu pour ceux qui souhaitent s'y rendre, et se faire bronzer l’entre-doigts de pieds à la piscine pour les membres du parti séparatiste. Je n’te fais pas un dessin, tu as compris qui est le leader de ces deux mouvements politiques... Allez, qui m’aime me suive !... Mal aimé, je suis le mal aimé… Seul mon père m’accompagne… « Ok, papa, let’s go !... Papa !!! On y va ! » Oups, j’avais oublié qu’il ne parlait pas un mot d’anglais…

 

En France, pour moi, le marché du dimanche matin est le terrain de jeux privilégié des vieux avec leurs cabas à roulette : « Ça fait combien le kilo de tomates en anciens francs, s'il vous plait ? » En Asie, c’est le lieu idéal pour quiconque souhaite se prendre une bonne bouffée de vie locale bien dépaysante dans les yeux et dans le nez : « Et là, m’sieur, vous vendez des mouches ? Ah, désolé, je n’avais pas vu qu’en-dessous, il y avait du poisson bien frais… » Après deux kilomètres parcourus à pied pour parvenir à ce fameux marché de Phsar Leu depuis notre hôtel, nous sentons que nous sommes arrivés. Quand j’écris « nous sentons », c’est un euphémisme. L’odeur du rayon boucherie pique les yeux. « Mmmm, je m’f’rais bien un bon tartare ce soir ! » Et si en plus de ta tourista, tu as le nez bouché par un petit rhume, il te reste le bruit. Ça grouille de partout, ça vit, c’est coloré, c’est un marché asiatique comme je les aime ! Et le fait que nous soyons les seules têtes blanches à l’horizon ne fait qu’ajouter à notre bonheur d’être là. Sans oublier que ce spectacle est bien évidemment gratuit ! Et quand c’est gratuit, c’est dans mes prix ! A noter que les quelques achats que nous y faisons sont eux aussi tout proches d’être gratuits… Bref, le marché de Pshar Leu, c’est chan-mé comme disent les jeunes plus très jeunes qui continuent à parler en verlan…

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Nous retrouvons le reste de la bande qui ne s’est pas déscotché d’un iota du transat au bord de la piscine pendant notre vagabondage. On les imite bien volontiers en cette chaude fin de matinée avant de nous diriger vers le centre-ville et le Little Kroma, petit resto qui cumule les bonnes critiques sur le net. Mon billet va en ajouter une car à mon tour, je conseille l’endroit. Le riz blanc en période de plâtrage d’estomac y est en effet très goutu. Idem pour les red currys, les pad-thaï, les fried noddles, les fruit shakes,… Après s’être bien remplis la panse, nous sommes tous prêts pour enchaîner chacun des points que j’ai griffonnés sur mon roadbook. Rassure-toi, rien de bien fatiguant qui risquerait une déclassification automatique de la journée off de la part de Sandrine : Visite rapide du temple Wat Damnak, petit tour au Hard Rock Café pour l’achat traditionnel, puis Old Market où je profite des prix pratiqués sur les bijoux pour combler ma moitié ; veille de Saint Valentin oblige… J’en profite pour te faire part de mon expérience et te rappeler que si elle t'a dit « pour la Saint Valentin, je n’veux rien » et que t'as compris « pour la Saint Valentin, je n’veux rien », ben t'es dans la merde… Ah, apparemment, le vendeur aurait lui aussi aimé faire de moi son Valentin… Pas touche !

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« Dites donc, moi, je trouve qu’elle est vraiment très cool, cette journée !... N'est-ce pas Sandrine ? » Bon, l’homme caresse toujours le cheval avant de le monter. Donc histoire de tordre le cou à toute once de scepticisme sur son visage reposé, c’est décidé, je décrète officiellement qu’il est maintenant l’heure d’un nouveau massage ! Et je rajoute non pas une, non pas deux, mais trois nouvelles bières à Pub Street ! Et ce n’est pas fini ! A cette offre incroyable, j’ajoute une nouvelle session piscine ! Que demande le peuple ? Et bien pile poil ça, ça tombe bien ! La seule corvée de la journée aura finalement été une lessive party dont je me suis bien évidemment chargé pour ne pas prendre le risque de fatiguer madame. Corvée qui s’est malheureusement soldée par un cuisant échec… J’emmène à quelques pas de notre hôtel notre linge sale dans une laverie rudimentaire à soixante centimes le kilo. Deux heures plus tard, c’est déjà l’heure d’aller rechercher mon paquetage. Pratique, vas-tu me dire !… Oui, surtout si tu as prévu d’aller à la prochaine Gay Pride ! Je récupère en effet mes t-shirts et les petites culottes de Sandrine dans une teinte qui oscille selon les nuances entre le papier toilette épaisseur triple et le tarama ! Du coup, toi et moi, on va passer un marché. Tu souhaites bien te gaver de nouveau de photos de temples, d'aventures et d’expériences exotiques dès demain, n’est-ce pas ?... Et bien ne dis rien à Sandrine au sujet de ses petites culottes ! Sandrine, prénom invariable mais à l’humeur, elle, très variable… Elle pourrait très mal le prendre et demander pour préjudice subi une nouvelle journée de repos… Malinx le lynx !

 

Ouf, alors que sonne l’Angélus de cette journée bien plus tranquille que mon transit, Sandrine nous donne sa bénédiction. Tape-la ! Le rythme normal de notre voyage va pouvoir reprendre ses droits et ce ne sera pas pour me déplaire. Du coup, un marché est un marché, je serai beaucoup plus prolixe en émotions et en images lors de la journée de demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

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Toi, petit gourmand, je sais que tu en veux plus...

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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On part en vadrouille