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Oh oh oh, géant vert !

Jour 20 - 10 juillet

C'est en sciant que Léonard De Vinci, c’est donc en voyageant qu’on deviendra voyageur ! Allez, hop hop hop, tous en mode voyage ! Après une « grasse mat' » jusqu’à sept heures comme on les adore, yeux qui collent, marque de l’oreiller et tout ce qui va avec, on sort rapidement Jeepy de sa léthargie pour un loooong périple à travers champs. Immenses champs d’éoliennes comme on en voit dans les films américains pour commencer. Puis, champs magnifiques de Joshua Tree où on n’entraperçoit ni U2 en train de chanter, ni Johnny Depp en train de creuser. Arrivent ensuite des champs de puits de pétrole comme s’il en pleuvait, ou plutôt comme si nous étions au Texas. Et pour finir, des champs d’orangers un peu comme on pourrait en voir si nous nous trouvions dans le sud de l’Espagne. Bref, on voyage ! Le voyage ne se résume pas qu’à une destination mais plutôt au chemin pour y parvenir. Sauf que toi, ce qui t’importe, c’est quand même de connaître notre destination finale, n’est-ce pas ? Et bien sache que l’objectif ultime est d’arriver à San Francisco demain soir. Avant ça, entre San Francisco et nous, j’ai choisi de prendre le chemin des écoliers pour s’adonner à la dendrologie. A l’étude des arbres si tu préfères ! On va plus précisément consacrer notre temps à côtoyer une sorte d’arbres bien particulière. Les séquoias ! Et on va faire ça dans un parc national qui leur est entièrement dédié puisqu’il porte même leur nom. Oui, oui, il existe bien un parc national américain entièrement dédié à des arbres, parce que… Ben… pourquoi pas ! On est aux Etats-Unis ou on ne l’est pas ? Ici, tout est possible ! Ils sont fiers de leurs arbres, ils leur créent un parc ! Nous, on est fier d’Astérix, idem, on lui a consacré un parc ! Bon, comparons ce qui est comparable car il faut tout de même prendre en considération que le séquoia géant comporte des spécimens ayant près de deux-mille cinq-cents ans. C’est complètement dingo, non ? Les trucs, ils ont vécu à une époque où internet n’existait même pas, tu te rends compte !!! Encore plus vieux que le Père Fouras !!! Ajoute à ça le fait que les séquoias géants sont les plus grands organismes vivants au monde, sans oublier aussi qu’on n’en trouve qu’en Californie, et tu comprends mieux pourquoi les américains leur ont consacré un parc. Et tu comprends surtout mieux pourquoi on a envie d’aller leur témoigner tout le respect qu’ils méritent. Chapeau bas messieurs les séquoias géants ! « Euh… Et sinon, il était sympa, Jésus ? »

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« C’est peut-être une question bête mais pourquoi ne trouve-t-on des séquoias géants qu’ici, en Californie ? » Euh, oui, effectivement, c’est une question bête !... Question suivante !... Non, en fait, c'est parce qu'ils sont à la fois en altitude, tout là-haut dans les montagnes, et en même temps au cœur d'une Californie chaude et sèche. Ces deux conditions sine qua non étant réunies, ils peuvent s’épanouir en toute liberté… «  Euh, c’est peut-être encore une question bête mais pourquoi est-ce que vous êtes entrés dans le parc depuis plusieurs miles et qu’on n’y voit toujours pas l’emprunte d'un bout de branche de séquoia ? » Ben oui, maintenant que tu le dis, c’est vrai que c’est bizarre, ça ! On se croirait dans le maquis corse là où on devrait se trouver dans Jack et le haricot magique !!!… J’espère que les séquoias n’ont pas migré vers d’autres contrées la nuit dernière…

No panic ! Le petit bonhomme, il monte, il monte, il monte, pendant que la température descend, descend, descend, jusqu’au moment où on pénètre dans le secteur appelé « Giant Forest ». Tout un programme !... Ici, toute logique spatio-temporelle n'a pas sa place. Oublie tous tes acquis. A Giant Forest, la vérité est ailleurs ! Ça te refile le vertige au sens propre comme au sens figuré. Pas de « on y va crescendo » ou d’un truc dans l’genre, on est dès l’entrée confronté à un sacré gros spécimen. Même la femme de Rocco serait intimidée devant la taille du truc  ! On a un peu cette impression d’avoir frotté la lampe et de voir surgir devant nous le génie tellement ça semble soudain, imposant, irréel… Un, puis deux, puis trois, c’est toutes une famille de géants qui se dresse maintenant devant nous. Bizarrement, une quiétude toute particulière se dégage de ces arbres préservés du temps qui passe. Le silence règne, seulement troublé par quelques vocalises d’oiseaux. Autant te dire qu'à l’instant où je te parle, on n’a qu'une seule envie pressante, c'est d’abandonner lâchement Jeepy et d'aller crapahuter aux pieds de ces monstroplantes.

On ne se fait donc pas prier longtemps avec une première balade sur le Big Tree trail. Le côté fun de cette petite randonnée, c'est qu’elle tourne autour d’une clairière et permet donc de prendre toute la mesure et surtout la démesure des séquoias grâce à la vue dégagée qu’elle propose. Dommage qu’il y ait tous ces panneaux qui jonchent le parcours pour nous alerter sur les risques qu’on encourt à se balader au pays des ours. Ils me font bien marrer ces ricains à toujours prôner la sécurité à outrance. A les écouter, on a toujours l’impression que l’on s’embarque pour une mission Apollo dont on n’est pas certain de revenir… « Embrasser un ours tue ! », « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé, et de vous retrouver face à un ours », « En cas de rencontre avec un ours, se mettre en position fœtale, sucer son puce et appeler sa maman », « Evitez de vous enduire le corps de miel avant de randonner ici » et bla bla bla... « Ah, tiens, un ours ! »

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Alors qu’on est en train de contempler un arbre (oui, c’est possible), v’là t’y pas qu’un ours nous passe devant le nez à moins de cinq mètres sans regarder ni à droite, ni à gauche avant de traverser. « Mal élevé ! » Ne crions pas trop fort car notre ours adolescent pourrait être surveillé de loin par maman ours… En tout cas, je suis sûr que tu as déjà vu un ours au zoo mais je peux t’assurer que d’en croiser un inopinément lors d'une balade en forêt change un peu la donne. Bon, pour tout te dire, on n’en est pas à notre première expérience en la matière car si tu nous suis assidûment et que tu n’as pas chopé Alzheimer depuis, on s’était déjà retrouvé nez à museau avec un ours en 2013 à Yellowstone… « Qui a dit chanceux ? » Et pourtant, je ne me suis pas enduit de miel ce matin…

 

Bref, après avoir retenu notre petite Sasha, désireuse d’aller faire un câlin et plein de poutous-poutous à nounours, on poursuit notre balade bucolique en restant tout de même à l’affût d’un éventuel bruit de pas lourd d’ursidé qui souhaiterait s'essayer à la gastronomie française… Bon, après être revenu au parking via Sunset rock trail, la conclusion de cette balade, c’est que le coin doit être un repère d’ours car au final, on en aura vu deux autres. Des bien plus balaises, des mangeurs d’hommes, mais heureusement aussi plus éloignés.

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On fait maintenant route vers le Sherman Tree trail où, comme son nom l’indique parfaitement, on va voir le General Sherman Tree, le roi des rois des arbres ! Il est tout simplement l’être vivant le plus volumineux au monde ! Du bois de chauffage pour tout un hiver pour tout l’Alaska ! A noter que contrairement à l’armée, il faut être gros et vieux pour obtenir l’ultime grade de général. Et notre arbre le mérite grandement avec ses deux-mille cinq-cents ans, ses quatre-vingt-quatre mètres de haut, ses trente mètres de circonférence, et ses deux-mille cent tonnes estimées. En arrivant sur place, Sandrine est heureuse de t’annoncer qu’elle prend pour la première fois du voyage un bon bain au pied de cet immense arbre ! Oui, oui, un bon bain de foule ! Car le General Sherman est l’attraction du parc et tout le monde veut repartir d’ici avec son selfie en sa compagnie. On a de tout. Du chinois, des familles américaines, des russes, des mexicains, et certaines demoiselles portant plus de maquillage que de vêtements si tu vois ce que j’veux dire... Bref, une petite photo et on poursuit le trail sur lequel on lit tous les panneaux instructifs qui nous en apprennent encore plus sur les séquoias. C’est fun, on se croirait en classe verte ! Ce qu’on y apprend, c’est que l’écorce épaisse des séquoias résiste aux incendies. Incendies qui sont même considérés comme vitaux pour le séquoia car ils permettent en quelque sorte de faire le ménage dans la forêt en brûlant les petits arbres plus fragiles. Le séquoia peut alors étendre ses racines qui, accroche-toi bien, peuvent s’éloigner jusqu’à quarante mètres de l’arbre !

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Après cette minute culturelle qui a fait gagner un point à ton QI, on enchaîne avec Congress trail. Encore de beaux spécimens dans un cadre enchanteur. On marche sur un gros tapis d’humus dans la forêt, les rayons du soleil couchant passent à travers les branches et diffusent une douce lumière. On est zen, on est bien. Je fais bien sûr énormément de photos mais je n'en mettrai que quelques unes ici... A toi de venir découvrir le reste sur place !

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Il nous reste un dernier spot à aller voir : Tunnel Log. Celui-ci, je suis certain que tu l’as déjà vu en photo. Un tronc d’arbre gigantesque en travers de la route, creusé pour laisser passer les voitures. En voyant cet immense tronc à même le sol, on imagine facilement à quel point la chute d’un de ces mastodontes doit être impressionnante. D’ailleurs, sache que celui-ci est tombé il y a plusieurs dizaines d’année. Comme les séquoias ont la particularité d'avoir une écorce riche en tanins, les arbres ne se désagrègent quasiment pas, même morts, pendant des dizaines, voire même centaines d'années. Bon, j’ai le temps de te raconter tout ça car pour la photo avec Jeepy dans le tunnel, il faut patienter. Une famille de mexicains squatte au dessus du tronc pour y manger tranquillement alors que toutes les voitures attendent pour se faire tirer le portrait. Hallucinant !  « Tout pour ma gueule ! » Jeepy est furax !

Allez, on photoshopera ces méchants mexicains, direction notre dernier camping du voyage, le Lodgepole. Emplacement 108 tout équipé, électro-ménager et boîte à ours, en pleine forêt avec un petit torrent croquignolet à proximité. Le top ! Quelques courses au General Store du parc où les prix sont exorbitants, un petit barbecue et il est l’heure d’aller se mettre au chaud. Faut dire que depuis que le soleil nous a dit au revoir, la température en a également profité pour se faire la malle. On se colle donc tous les quatre les uns contre les autres en espérant que je ne revive pas une nuit comme il y a deux ans à Yellowstone... Oui, mea culpa, je n’ai toujours pas investi dans un nouveau sac de couchage… Allez, sur ce, bonne nuit, ou plutôt bonjour chez vous où il n’est que midi… Moi, je vais tenter de dormir car demain, on a encore pas mal de route pour poursuivre notre folle échappée belle. De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille