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« Si vous alleeeez, à San Francisco… »

Jour 21 - 11 juillet

« Vous y verrez, des gens que j’aime bien… Tous les hippies, de San Francisco,… » J’aurais aussi pu te chanter « San Francisco » des Village People mais ça aurait fait moins glamour… Bref, tu l’as compris, aujourd’hui, c’est go go go to San Francisco ! Mais en attendant, quel pied de se réveiller, de descendre le zip de la tente et laisser son regard s’évader dans l’immensité intrigante des forêts de Séquoia National Park. Je plussois à l’adage qui dit qu’une journée qui commence par un réveil au milieu des séquoias est une journée qui commence bien !

Bon, j’en rajoute un poil puisque devant nous, ce ne sont pas vraiment des séquoias mais de vulgaires pins similaires en tous points à ceux qu’on trouve par millions dans les Landes. Mais je ne le répéterai quand même jamais assez : Quel pied de camper dans ces parcs nationaux américains ! Même si la nuit a été fraîche… Même si je me suis réveillé les fesses toutes mouillées… Non, je ne me suis pas laissé aller durant la nuit, la folie de l’ouest m’a pour l’instant épargné ces neurones-là… Loin de moi l’idée d’accuser quelqu’un, mais une personne de mon entourage familiale proche a eu froid cette nuit et n’a pas trouvé d’autre moyen que de joyeusement s’arroser l’entrejambe pour se réchauffer… « Tu vois ma belle, je t’avais promis que je ne dirais pas que c’était toi ! Promesse tenue ! » Toujours est-il qu’avant de plier bagage, corvée de nettoyage pour tout le monde ! Bon, c’est de circonstance… atténuante car il était de toute manière prévu de faire place nette ce matin dans la mesure où cette nuit était la dernière sous tente avant notre inexorable retour vers nos belles Ardennes. « A bientôt madame Quechua ! »

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Après le petit-déjeuner où j’ai livré un combat sans relâche pour sauvegarder mes muffins aux amandes, objet de convoitise de toute une escouade armée d’écureuils de la Caisse d’Epargne, on peut enfin lancer notre compteur à miles pour la dernière ligne droite de ce voyage. Et là, désolé mais je ne vais pas être en capacité de t’activer la machine à rêves avec les photos de ce que je vois sauf à te mettre quelques clichés de Sandrine en train de dormir sur le siège passager. « Ah bon, ça te ferait rêver, ça ? » On ne fait que rouler toute la sainte journée à l’exception d’un arrêt que l’on marque à Kings Canyon National Park pour aller s’aérer dix minutes aux pieds du General Grant, un autre énorme séquoia considéré aux Etats-Unis comme le sapin de Noël de tout le pays ! Bon, en termes de paysages, Kings Canyon est dans la même veine que Sequoia, mais il est surtout notre dernier parc national du voyage… Oui, tu as vu, ça ne sent pas bon, cela fait deux fois que je dis que c’est « le dernier du voyage »… Mais hauts les cœurs, essayons de positiver, il nous reste encore six heures de route ! Gloups… Pendant tout ce temps, soit tu m’écoutes déblatérer tout un tas de trucs inutiles, soit tu piques un petit roupillon et je te réveille à notre arrivée à San Francisco. Deuxième solution ? Ok, ça me va… « Fais dodo, Colas mon p’tit frère, fais dodo t’auras du lolo »

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Hé ho ! Allez, ouvre les yeux, ça y est, nous arrivons à San Francisco… Ou plus précisément dans les bouchons pour entrer dans San Francisco par le Bay Bridge d’Oakland ! D'accord, on peut gentiment poireauter en se tordant le cou pour tenter d’entrevoir de loin pour la toute première fois, toutoute première fois, toutoute première fois le Golden Gate ou la prison d’Alcatraz mais c’est que l’heure tourne et ça va être chaud patate pour ramener la petite Jeepy chez ses parents à l’agence avant qu’elle ne ferme, et surtout après avoir refait le plein et déposé Sandrine, les filles et nos affaires à l’hôtel... Avec tout ça, je crois que c’est définitivement mort pour me la jouer à la Steve McQueen en train de dévaler les rues pentues de San Francisco au volant de mon bolide ! Bon, je sais, tous ces détails logistiques n'intéressent pas grand monde, mais cette histoire de bouchon nous aura finalement coûté la somme de soixante-deux dollars pour les dix litres d’essence que je n’ai pas eu le temps de remettre dans le réservoir de notre regrettée Jeepy qui aura été un membre de notre famille durant ces trois dernières semaines. Jeep hip hip, hourra !

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Ma volonté de te fournir une information claire et précise me pousse à te dire que nous sommes descendus à l’hôtel Oasis Inn. Concrètement, c’est cher pour ce que c’est. Normal, vais-je te dire, c’est San Francisco ! Et puis le quartier, bien que proche du centre, est envahi de marginaux illuminés qui squattent les rues. Normal, vais-je te dire, c’est San Francisco ! En plus, juste avant de débarquer, mes embourgeoisées de filles me claquent dans le texte : « Quoi ? Tu nous as pris un hôtel sans piscine ? Shame on you ! » Bon, en sortant de la voiture, elles ont enfilé un pull... et ne m’ont plus jamais reparlé de cette histoire de piscine... Faut dire que ce n'est pas très pratique de nager avec un pull !... Et oui, mes donzelles, le climat à San Francisco n’est pas aussi chaud que le laisse penser sa position géographique. Californie ne rime pas toujours avec bikinis rouges moulant de gros seins siliconés. Ici, c’est la Normandie américaine, le pays où il fait frais même quand les petits vieux luttent partout ailleurs contre la canicule !

Normal, vais-je te dire, c’est San Francisco ! Frisco pour les intimes ! On pourrait même dire « Frisquet » comme l’a si bien dit une mauvaise langue blonde à forte poitrine ! C’est pour cette raison que ce soir, on va se réfugier dans un restaurant bien au chaud, au Sai Jai Thai, où on va dépenser nos dollars à bon escient. Pas de risque d’hypoglycémie pour nous ici, c’est méga copieux et très bon. Je n’en demandais pas tant pour pouvoir tenir le choc jusqu’à demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille