P1040692.JPG

La Paz de deux

Jour 12 - 3 novembre

Bonjour et bienvenue à La Paz, ville de dingo à plusieurs points de vue ! Tu as bien fait de pousser la porte de notre agence touristique aujourd’hui car j’ai tout un panel d’activités loufoques à te proposer ! Par exemple, pourquoi ne prendrais-tu pas des remontées mécaniques pour aller te perdre dans le marché le plus haut au monde ? Ou alors, serais-tu plutôt tenté de prendre un vieux camion Dodge bariolé pour te rendre à un canyon digne de l’ouest américain en pleine ville ? A moins que ton cœur ne balance pour une session de shopping pour t’acheter une peluche de lama que tu pourras enterrer sous ta prochaine maison ? « Tu bluffes Marconi ! » Ben non, il n’y a pas de mention inutile à barrer dans tout ce que je propose, tout ça est carrément possible à La Paz et je m’en vais de ce pas te le prouver ! Playmobil, en avant les histoires !

 

On commence tranquillement notre tour du proprio avec les rues Linaraes, Jimenez et Sagarnaga qui représentent le centre névralgique et touristique de la ville. Souhaiterais-tu rapporter dans ta besace des petits cadeaux-souvenirs pas chers à ta collègue sexy des ressources humaines ?... Si oui, c’est bien là qu’il faut venir te soulager le porte-monnaie : Artisanat made in Jessépahou, négociations plutôt faciles, ambiance pas prise de tête... Et tout ça situé juste à côté du mercado de las brujas, le marché aux sorcières, où tu vas cette fois-ci pouvoir combler ton collègue chelou de la compta ! On entre ici dans le domaine de l’étrange, de la superstition et du chamanisme : Potions miracle, amulettes, extraits de bave de grenouilles, poudres de perlimpinpin,… Tu as un problème, un souhait, une infection, une inquiétude, un amour perdu que tu aimerais retrouver ? Ici, chaque maux a son remède ! D’ailleurs, si tu veux faire une blagounette à ton boss, pourquoi ne pas lui ramener comme souvenir une poudre magique qui lui vissera le joufflu sur les toilettes pendant quelques temps ?

P1040686.JPG
P1040693.JPG
P1040688.JPG
P1040694.JPG

Bon, ok, le nom « Ochiotte » sur le paquet risque de lui mettre la puce à l’orifice… En tout cas, toi, Linda, tu vas être comblée car j’en connais un qui devrait régler assez facilement ses problèmes de turgescence chronique avec tout ce qu’on trouve ici !...

 

Ok, pendant que mon frère recherche sur Google ce que signifie « turgescence », je vais en profiter pour acheter une belle peluche de lama pour mes filles !... « Euh, pardon ma p’tite dame, sauriez-vous par hasard me dire pourquoi vos peluches dégagent une odeur de putois putréfié comme ça ? » Ben oui, mon bon monsieur, c’est tout simplement que ces peluches n’en sont tout simplement pas ! « Fœtus de lama, qui veut un beau fœtus de lama bien dodu ? J’en ai pour tous les goûts, de toutes les tailles, de tous les âges et de toutes les couleurs ! » Et oui, ce sont des centaines de fœtus de lamas qui pendent macabrement ici à ces crochets au-dessus de nos têtes ! Là, les gars, ils ont oublié de prendre leur remède miracle contre la connerie, c’est pas possible ! « Et sinon, vous auriez de la poudre magique contre les mauvaises odeurs ? » Apparemment, la coutume voudrait que chaque famille enterre un fœtus de lama sous sa maison juste avant sa construction pour que la déesse de la terre mère Pachamama donne sa bénédiction et assure la protection de l’habitat et de ses futurs occupants. Logique. Notre trèfle à quatre feuilles, en quelque sorte, mais en moins facile à transporter… Quoique, en pendentif, un fœtus de lama, ça pourrait faire son effet, non ? Bon ok, après le string léopard et les films d’Onteniente, se balader avec un fœtus de lama autour du cou est le truc le plus beauf qui existe sur terre mais on va passer un deal : Tu essaies et tu viens me dire si ça t’a rendu heureux. On fait comme ça ?

P1040701.JPG

On déambule ensuite au gré des marchés qui déversent leurs marchandises dans presque toutes les rues. C’est d’ailleurs impressionnant de voir dans une mégalopole de cette taille, qui plus est capitale, des femmes en tenues traditionnelles avec robes multicolores, châle en alpaga, chapeaux melon et bottes de cuir, vendre à même le sol trois citrons, vingt haricots verts et huit tomates… Femmes qui, pour la petite histoire, ne souhaitent pas figurer sur la liste de mes nombreuses conquêtes puisqu’elles se cachent pudiquement le visage dès que je braque mon gros appareil dans leur direction, même en leur demandant poliment… « Ben quoi, il vous fait peur mon gros appareil ? »

P1040716.JPG
P1040698.JPG
P1040718
P1040718

press to zoom
P1040722
P1040722

press to zoom
P1040690
P1040690

press to zoom
P1040718
P1040718

press to zoom
1/4

Nous survolons maintenant la ville de La Paz à bord d’un immense téléphérique. Je répète : Nous survolons maintenant la ville de La Paz à bord d’un immense téléphérique. Ceci n’est pas un exercice !... Encore un truc à La Paz qui n’a pas volé sa place dans le livre des records. Onze lignes, trente-neuf stations et trente-deux kilomètres de réseau entre trois mille six cents et quatre mille cent mètres d’altitude. Mais pour quelles raisons tout ce réseau digne des Portes de soleil a-t-il été conçu ?... Pour désengorger la circulation et réduire les temps de trajet, pardi ! En plus, c’est écologique, moins coûteux que la construction d’un métro et ça constitue même une attraction touristique originale. La preuve, nous nous acquittons de trois bolivianos chacun pour un long tour de manège proposant une vue incroyable sur l’immensité de la ville. Et pour le même prix, tu passes juste au-dessus d’un immense quartier constitué d’immeubles rectilignes où les habitants ne sont pas très polis. Pas un ne répond à nos signes amicaux de la main. Bon, ok, ils sont tous morts, mais quand même ! Bienvenue dans le plus grand cimetière vertical au monde ! Ce qui me marque le plus dans ce téléphérique, c’est qu’il est hyper moderne en comparaison des quartiers qu’on survole et pour lesquels les routes sont encore en terre battue et les habitations un peu crasseuses… Tout en contraste !

P1040730.JPG
P1040740.JPG

Et sinon, il débouche où ce téléphérique de la ligne Roja ?... Mon premier est la douzième lettre de l’alphabet. Mon second est un instrument à cordes qui ressemble à un violon. Mon tout est la ville de plus de cent mille habitants la plus élevée au monde et qui surplombe La Paz. Si tu as la bonne réponse… et ben c’est bien !!! En arrivant, on prend d’assaut l’un des plus grands marchés d’Amérique latine où il est possible de trouver absolument tout ce que tu recherches, chaque stand ayant sa spécialité : Stand de papier WC, stand de pièces auto, stand de pommes de terre, stand de paillassons, stand de vaisselle en plastique, sans oublier de nouveau nos fameux stands de fœtus de lamas,… Aucun gringos, marché authentique et odeurs de graille garantis ! Bon, les marchés, c’est bien, mais les marchés, on en a plein les jambes ! Du coup, un p’tit coup d’œil à la vue et on redescend à pied jusqu’à la plaza San Francisco ; descente pendant laquelle on a la possibilité, soit de déposer plainte pour harcèlement sexuel, soit de se trouver une nouvelle femme ! « Mi amor ! » « Te quiero ! » « Mi amor ! » Pas froid aux yeux les petites boliviennes ! On profite aussi de ce temps mort pour une minute restauration… Bon, comment dire… Disons que tu sens que la gastronomie n’est pas réellement au cœur des préoccupations locales. Les mecs s’envoient quotidiennement de grandes plâtrées de riz agrémentées de pommes de terre et accompagnées d’un peu de viande, panée et bien sèche si possible. « Ben mes coco, va falloir patienter encore un peu pour l’obtention de cette première étoile !

P1040734.JPG
P1040743.JPG
P1040744.JPG
P1040747.JPG
P1040750.JPG

A l’heure où je te parle, nous sommes maintenant plaza San Francisco pour y attraper un collectivo de la ligne 43. On passe ainsi d’un mode de transport dans le top de la modernité urbaine emprunté tout à l’heure à une pièce d’antiquité. Tous les collectivos, ici, sont en effet d’anciens vans Dodge américains reconvertis et tout peinturlurés ! « La porte battante ? » Elle ne ferme plus ! « Les clignotants ? » Désolé, tous les deux cassés ! « Et le klaxon ! » Ah oui, ça c’est opérationnel et nos oreilles s’en rendent bien compte ! Trois-quarts d’heure de tape-cul et quatre bolivianos dépensés plus tard, nous débarquons à l’autre bout de la ville à la Valle de la Luna. Si nous étions aux Etats-Unis, ce site serait à coup sûr un parc national. Sauf qu’il n’a pas eu de chance et il s’est installé en Bolivie. Du coup, c’est seulement la Valle de la Luna et ce n’est déjà pas si mal. Ici, l’érosion due à la pluie, au vent et au temps a creusée et façonnée des cheminées de fée dans les montagnes qui ne sont pas sans rappeler un mini Bryce Canyon. Lesdites montagnes étant composées essentiellement d’argile et de calcaire, ça nous offre des nuances de blanc beige, et un paysage ultra esthétique digne de la lune ; d’où son petit nom poétique... Sachant qu’il est à portée de main, ou plutôt à portée de bus, et que ni les transports, ni le ticket d’entrée ne sont très coûteux, ce serait dommage de ne pas venir traîner ton appareil-photo dans une des deux petites randos qui sont proposées : La courte ou la très courte. Quinze ou quarante-cinq minutes.

P1040767
P1040767

press to zoom
P1040799_optimized
P1040799_optimized

press to zoom
P1040772
P1040772

press to zoom
P1040767
P1040767

press to zoom
1/11

Tempête, scène deux, moteur, action ! Alors que nous parcourons le sentier le moins court qui zigzague au milieu des stalagmites géants, un vent à décorner tous les cocus nous signifie qu’il est bientôt l’heure de penser à partir. « Un collectivo ! » Ah non, il est complet… « Un deuxième collectivo ! » Ah non, il ne va pas dans la bonne direction… « Un trente-huitième collectivo ! »... Bon, finalement, je crois qu’on va faire un prêt à la banque et on va rentrer en taxi jusqu’à notre hôtel en n’omettant surtout pas le petit crochet au traditionnel Hard Rock Café sous peine de divorce express… Voilà, il est l’heure de refermer la porte de l’agence touristique. Une douche, un peu de correspondance familiale, et on conclut cette belle journée par un lomo montado, repas traditionnel bolivien que l’on prend au Surucachi restaurant. Si je te donne le nom de ce restaurant, c’est pour être sûr et certain que tu vas consciencieusement te le noter dans un coin pour ne pas oublier de ne pas y entrer quand tu viendras à La Paz et que tu te retrouveras devant son enseigne ! Beurk de chez beurk… ou comment faire cuire de la viande dans une friture à poissons ! Je crois que je suis bon pour avoir des remontées acres de friture jusqu’à demain matin ! De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

P1040208_optimized.jpg

Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille