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Ma planète a un incroyable talent

Jour 14 - 5 novembre

Attention les enfants, ce qui va suivre, c’est du lourd, du très lourd, du solide, du déglingo, du maousse costaud ! Oui, c’est possible d’enchaîner ça après les souvenirs magiques qu’on s’est gravés hier dans la caboche jusqu’à ce qu’Alzheimer ne vienne lâchement nous en déposséder… Nous allons en effet nous enfoncer dans un endroit hors du temps, imaginaire et mystérieux, parcourir des paysages lunaires et déserts, découvrir des sites sauvages aux couleurs irréelles, peuplés d’animaux féroces aux dents acérées. Pas mal le teaser, non ? Bon, pour les animaux, j’avoue, je me suis un peu enflammé puisqu’on ne devrait normalement y croiser que des floppées de flamands roses et de vigognes. Cet endroit, c’est une région que tout le monde en France appelle communément le Sud Lipez ! Je dis « en France » car bizarrement, ni Carlos, ni Brian, ni Gin Hie n’ont déjà entendu ce nom… En tout cas, quoi de mieux comme préambule pour débuter cette journée, à part le bon petit déjeuner dont je me suis goinfré l’estomac ce matin ?... Bref, Carlos nous fait décoller à sept heures pour devancer les autres équipages et être dans des conditions peoplesques idéales face à ces merveilles qui nous tendent les bras. Il ne l’ouvre pas beaucoup, ce Carlos, mais je l’aime bien… Lui, par contre, il doit me maudire car une fois en route, je suis contraint de lui demander de stopper le véhicule tous les cent mètres. La photolite que ça s’appelle ! Non, ce n’est pas une cousine de la gastro-entérite m’obligeant à poser culotte derrière chaque arbre ! C’est une maladie dégénérescente qui provoque des convulsions me poussant à cliquer. Je clique, je clique, je clique… Si je traduis, je fais mon chinois et je mitraille ! Batteries pleines et cartes mémoires vides indispensables ! Là un mini salar, là un volcan, là un désert, là un champ de lave. C’est grandiose ! Le blanc du salar d’hier a maintenant laissé place aux nuances brunes du sable d’aujourd’hui. La surface plane du salar d’hier a maintenant laissé place à une enfilade de volcans aujourd’hui. Seule la magie d’hier est toujours présente aujourd’hui, ne laissant même pas la place à une quelconque routine.

 

Le premier arrêt officiel de la journée se situe face au volcan Ollague, facilement identifiable grâce aux fumerolles qui s’échappent de son cône. Mon frère a pris de l’avance pour aller explorer le champ de lave juste à ses pieds. Je cours pour le rattraper…. Cours Forest, cours ! Pfff ………Pfff………. Désolé, je suis essoufflé, j’avais oublié qu’on était à près de cinq mille mètres d’altitude !

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La suite n’est qu’une succession d’arrêts pour taquiner du regard des lagunes plus fantasmagoriques les unes que les autres. Canapa… ohhh…, Hedionda, ahhh…, Chiarcota… wouah…, Ramaditas,… mmmmm ! « Papa, c’est quoi une lagune ?... Papa ! C’est-quoi-une la-guuuune !?!... Papa, comment on fait les bébés ?... » Et bien une lagune, c’est un plan d’eau salée peu profond. « Ok, mais pourquoi t’extasies-tu devant un truc qui paraît si banal que ça ? En France aussi on en a des ballastières ! » Ben regarde mes photos et tu comprendras que La petite maison dans la prairie et Game of Thrones peuvent difficilement être comparés bien qu’étant deux références de la culture populaire ! Outre les couleurs qui diffèrent d’une lagune à l’autre selon le degré de salinité, la température de l’eau et les différentes bactéries qui s’y trouvent, ces points d’eau constituent des écosystèmes exceptionnels. Ici, barbotent trois espèces de flamants roses : l’andin, le chilien et le James, qu’on distingue essentiellement à la couleur de leurs pattes. Les contours des lagunes sont convoités par de nombreuses vigognes, à ne pas confondre avec le lama. D’ailleurs, sais-tu comment différencier le lama de ses charmants cousins que sont l'alpaga et la vigogne ? Déjà, le lama est de loin le plus célèbre des trois. Merci au capitaine Haddock, à Serge, à Bernard et à Dalaï, qui ont tous les quatre contribué à sa notoriété interplanétaire. Pour savoir à quelle bestiole on a affaire, suivez le guide : Le plus grand, le lama, est domestiqué et élevé pour sa viande et pour le transport de marchandises en altitude. Pour l’anecdote, le fait qu’il crache pour le plaisir sur les gens n’est qu’une légende urbaine. Crachat uniquement s’il se sent en danger. Le plus touffu, l’alpaga, est lui aussi domestiqué, essentiellement pour sa laine. Chaque énergumène en a près de quatre kilos sur le paletot. Enfin, le plus maigrichon, la vigogne, ne subsiste qu’à l’état sauvage. Merci de nous avoir suivi pour ce nouveau numéro d’Histoires naturelles. A la semaine prochaine !

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Après la pause déjeuner au bord d’une énième lagune, on traverse maintenant le désert de Siloli et ses collines aux trois chocolats qui m’aguichent et m’ouvrent l’appétit d’aller les escalader... Une fois de plus, je m’installerais bien ici dans un transat, en silence, à profiter de ce décor de bout du monde avec paillettes et moulures au plafond… Allez, prends-toi aussi un transat et installe-toi avec moi ! L’emblème de ce désert, c’est l’Arbol de Piedra, un arbre en pierre défiant les lois de l’apesanteur pour le plus grand plaisir des photographes. On passe donc quelques minutes à le contempler et à escalader comme des gamins les rochers alentours.

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Tout ça nous emmène lentement mais sûrement jusqu’au clou de girofle de la journée : la laguna Colorada, ou comment voir la vie en rose ! Inutile de tapoter sur le pauvre écran de ton ordinateur ou de ton téléphone portable, il ne t’a rien fait et les couleurs irréelles qu’il retranscrit via mes photos sont les vraies couleurs constatées de mes propres yeux sur place. L’intense coloration de la lagune est due aux sédiments, aux algues et au plancton qui vivent dans cette eau riche en minéraux. Les tons de l’eau vont du rose pastel jusqu’au rouge sang criard selon l’heure de la journée et le voile du ciel. Tout ça tranche parfaitement avec le bleu de certaines veines et le blanc des abords ourlés de sel. En deux mots : Démentiel et irréel ! Allez, pour la route, je vais ajouter un petit « waouh » acheté à l’Incroyable ! Malgré les rafales de vent qui tentent de nous en dissuader, nous entreprenons avec mon frère de longer cette lagune qui remporte haut la main tous les suffrages de cette journée. Une fois de plus, on se retrouve seuls face à cette nature brute de fonderie qui forme un cercle d’une beauté phénoménale, une image que je ne pourrai une nouvelle fois jamais effacer de ma mémoire ! Je ne te dis pas le nombre de photos que je prends à la minute… Pas ma faute si c’est ‘achement beau !

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Trop rapidement à mon goût car la petite aiguille n’est positionnée que sur le trois lorsque nous terminons ce deuxième jour d’excursion dans une auberge très sommaire à Huayllajara. Mon petit doigt me dit qu’ici, on va se les cailler grave. Cette sensation, elle vient de là, elle vient du blues : Dix couvertures par lit, grandes chambres communes, simple vitrage aux fenêtres, aucune isolation, pas d’eau chaude. On laisse s’écouler la fin d’après-midi à discuter avec nos compères de voyage et à manger des biscuits secs. Bref, rien de bien passionnant à te raconter jusqu’à ce qu’on se remette en route demain matin. De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille