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SPA nous voilà !

Jour 15 - 6 novembre

« I’m hungryyyy, I’m hungryyyy !... Where is the guiiiide ? » Tout doux, du calme, rendors-toi mon cadet... Il n’est que deux heures du matin et c’est Brian qui crie en dormant… Diantre, c’est maintenant au tour de Gin Hie… Elle, elle évacue toutes les larmes de son corps dans son sommeil... Ah, ces étrangers de pacotille ; vraiment pas taillés pour la route !… J’suis sûr qu’ils ont l’esprit encore tout chamboulé par ce défilé de beautés entrevues ces deux derniers jours ! Et pourtant, avec mon frère, on ne s’était même pas apprêté !...

 

Bref, ce matin, qu’on me donne l’envie d’avoir envie de sortir de sous mes quinze couches de couettes car ça caille méchamment grave ! D’ailleurs, à défaut de se gratter autre chose, on gratte le parebrise avant de pouvoir décoller vers cinq heures… Au programme de la tribulation du jour, des geysers, un bain, des lagunes, une frontière, du vélo, une vallée, du désert, des randonnées, une grotte, des panoramas, du froid, du chaud,… « Quoi ? Tout ça pour une seule et même journée ?... » Et ouais ! Faut dire qu’on commence très tôt et qu’on va gagner une heure de vacances en passant au Chili… Alors, tenté par ces deux journées condensées en une ?... Si oui, attends-toi à mouiller la chemise ; même si, pour commencer, il te faut enfiler moufles et doudoune car on arrive à Sol de Manana, un champ de geysers à cinq mille mètres d’altitude. Qui a oublié d'éteindre la cocotte-minute ? Bon, arrête de fantasmer, on est très loin de ce que propose Yellowstone entrevus il y a quatre ans. Ici, les geysers sont des papys de quatre-vingts ans… Niveau érection d’eau bouillante, on voit qu’une petite pilule bleue ne serait pas d’refus ! Mais en venant tôt quand ça pique le bout des doigts comme c’est le cas ce matin, on peut quand même sentir et voir des marmites de boue, de nombreuses émanations sulfureuses et des colonnes de vapeurs d’eau qui offrent une ambiance magique, atypique, apocalyptique... Sans oublier frigorifique !

A ce propos, que faire quand on est deux et qu’on souhaite se réchauffer par grand froid ?... Boire un vin chaud à la cannelle… Se faire pipi dessus mutuellement… Mijoter dans un bon bain bouillonnant… Comme on n’est pas sur un marché de Noël et que je n’ai pas de petit sac plastique pour y mettre nos affaires souillée pour la sortie des classes, il ne nous reste plus que la solution hammam ! Yeaaaah, je m’imagine dans mon jacuzzi au beau milieu du désert du Sud Lipez… « Qui a dit mytho ? » Et pourtant… Entre rêve et réalité, il n’y a qu’un pas ! Ou plutôt que quelques tours de roues de 4x4 ! Car une source à la base du volcan Putana permet de se baigner dans des eaux chauffées naturellement à plus de quarante degrés ! Quand on y parvient et qu’on aperçoit ce bassin tout fumant, on a l’impression d’entendre une sirène nous appelant de sa douce voix : « Viens… Viens chercher bonheur…» Nous, il ne faut pas nous prendre par les sentiments. Malgré les moins cinq degrés ambiants, on se retrouve fièrement en moule-coquilletteparcétempératures en trois minutes chrono. On infuse comme ça pendant une demi-heure en se prenant pour des loutres argentée de Bolivie. Ne cherche pas, ça n’existe pas !... Jusqu’au moment où il faut se faire une raison : Il va falloir se résoudre à sortir presque tout nus, pas tout bronzé, mais tout mouillé, avec ce petit vent glacial aussi agréable qu’un pet qui n’en était finalement pas un…

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Record du monde de séchage / rhabillage / coiffage battu, notre popotin est rapidement au chaud et au sec dans notre 4x4 nous emmenant maintenant en direction d’un triptyque de condensé de ce que nous a proposé le Sud Lipez ces derniers jours : Le désert de Dali et ses couleurs chaudes, la laguna Verde finalement pas si verte que ça, et enfin la laguna Blanca encore recouverte d’une fine pellicule de glace. C'est une nouvelle fois un plaisir pour les yeux et pour l'appareil photo mais cette fois-ci, je vais courtoisement t’exonérer de nouveaux qualificatifs pompeux. Fais un « Copier » de ceux utilisés lors de la journée d’hier, colle-les sur les sites d’aujourd’hui et ça fera parfaitement l’affaire !

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Si bien que Carlos nous emmène ensuite à bon port, ou plutôt à bonne frontière. On arrive en effet au moment déchirant où je suis venu te dire que je m’en vais, et tes larmes n’y pourront rien changer. Adieux, pour commencer, au Sud Lipez, les yeux pissant de reconnaissance pour toutes les merveilleuses merveilles que ce merveilleux endroit nous a offert. Adieux, ensuite, à notre groupe de joyeux fêlés. La réussite d’un tour dépend de la qualité du chauffeur et de l'ambiance dans le groupe. Là, chaque joueur de l’équipe a parfaitement tenu son poste malgré le carton jaune attribué à Carlos avant-hier ! Adieux, enfin, à toi, ma belle Bolivie ; pays qui nous aura réellement captivé même si nous n’y sommes finalement pas restés si longtemps que ça… Car oui, tu l’as compris, aujourd’hui, on va de nouveau combler nos passeports dans leur quête de coups de tampon ! Là, on est effectivement au poste frontière pour montrer patte blanche pour entrer au Chili. Patte bronzée, ça marche aussi car ils nous laissent entrer sans trop se débattre… Si bien qu’une fois les formalités formalisées, on prend un minibus qui nous transbahute à une heure de route d’ici, à San Pedro de Atacama ; SPA pour les intimes… Oui, le titre de la journée n’a rien à voir, ni avec Brigitte Bardot, ni même avec un grand prix de Formule un !

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Pourquoi aller au Chili ? Ben premièrement, le nord du Chili et le sud de la Bolivie se font du frotti-frotta. Et puis un voyage dans un nouveau pays, hors de sa tribu, à la rencontre d’autres civilisations, c'est une guerre en moins avec son voisin ! Mais alors, pourquoi aller à San Pedro de Atacama, cette gentille petite bourgade au milieu de… rien ? En fait, non. Enfin si, mais non. Si, car elle est bien au beau milieu de la pampa, ou plutôt au milieu du désert d’Atacama, considéré comme l’endroit le plus aride au monde… Non, car les environs proposent des merveilles naturelles incroyables qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie... Si bien que San Pedro de Atacama, c’est comme Woinic pour la France, le Machu Picchu pour le Pérou ou encore le McDo pour les Etats-Unis. C’est le schmilblick qui permet de placer le pays sur une carte… Des volcans, des lagunes, des geysers, des déserts, des oasis, des caldeiras,… Et pour couronner le pompon de Pedro, c’est le site idéal pour l’observation astronomique. Le plus beau ciel du monde où le plus grand nombre d’étoiles, de planètes, de comètes, de galaxies, d’ovnis et autres pluies de météores peuvent être observés plus de trois cents jours par an, contre moins de cinq à Paris… Pas mal pour un endroit paumé au milieu de nulle part, non ? En plus, ici, c’est baby come-back dans le triangle des bermudas ! A nous la chaleur et les tongs ! Evidemment, comme nous ne vivons pas dans un monde parfait, ni avec Kevin Costner, ni avec les Innocents, il y a un « mais » ! Aïïïïeeeee... Et oui, le Chili, ça pique ! C'est cher ! Attention à la crise cardiaque en regardant les tarifs des hôtels et restaurants, surtout quand on arrive comme nous du Pérou ou de la Bolivie... On est sur des prix similaires à chez nous alors qu’ici, ils n’ont même pas vécu le passage à l’euro ! Et je ne te parle pas du prix des excursions pour naviguer dans les alentours… Du coup, avec ce qu’on a en poche, ça va être un peu comme si nous étions deux enfants fauchés dans un magasin de jouets... Vite, un distributeur !

Bon, ce qui est cool, c’est que le Chili est un pays où il en pullule. Ce qui l’est bien moins, c’est qu’on en est déjà à notre troisième et que, ni mon frère, ni moi, ne parvenons à obtenir ce qu’on cherche : Des billets !! La very bad blague… Error 404 qu’elles nous disent, ces satanées machines !… La vie, la terre entière, l’univers, la BNP a décidé de nous faire un beau doigt d’honneur… Eternel stressé que je ne suis pas, je ne m’en inquiète pas. Faut dire que dans ce genre de cas de figure problématique de logistique, j’ai habituellement ma fidèle acolyte qui m’aide à gérer ça. Oui, il faut rendre à César ce qui appartient à Sandrine, elle est généralement mieux câblée que moi pour ça. Du coup, je suis au Chili, ma Joséphine ange machin chose n’est pas avec moi, je ferai donc appel à un ami. A une amie en l’occurrence. A ma femme en l’occurrence… Mais on s’occupera de ça ce soir car là, on est déjà méga en retard pour l’activité de l’après-midi : Se rendre à la Vallée de la Lune en plein désert d’Atacama ! Et à vélo siou plait !!!

Bagages déposés à notre hôtel Ventana Andina, ceviche rapidement avalé dans la rue, petite piqûre d’EPO pour se charger les quadriceps et, inconscients de notre état, nous sommes déjà sur nos bécanes à pédales à suer à grosses gouttes. Mais quelle idée de faire du vélo dans le désert d’Atacama ? Non, mais sérieux ! La route est défoncée, ça monte énormément, ça descend rien qu’un petit peu, on a le vent en pleine tronche, à près de deux-mille cinq cents mètres d’altitude en plein milieu du désert le plus sec de chez sec… Tellement plus simple que d’y aller en bus !... Si à un moment ou à un autre, tu te retrouves par le plus grand des hasards dans le désert d’Atacama et qu’il te prend une envie subite d’uriner, tu peux t’adonner à une petite expérience digne de Jamy : Tu verras ton urine disparaître instantanément sans même mouiller le sol qui avalera tout sans s‘en plaindre. Hop, ni vu, ni connu ! A noter que l’expérience fonctionne aussi avec de l’eau mais ce serait dommage car de l’eau, ici, tu vas en avoir bien besoin ! Et ça aussi, on en fait l’expérience ! Ici, que des cailloux, pas un chien, pas un McDo, pas un bistro.... Prends donc une quantité non négligeable d’eau avec toi, ça pourrait éventuellement te sauver la vie ! Autre conseil beauté pour toi, parce que tu le vaux bien : Outre ta gorge aussi sèche que si ta dernière bière datait du jour de ton bac, fais aussi un peu attention à ta peau. Malgré la crème indice cent-vingt qu’on s’étale mutuellement jusque sous les aisselles, mon frère est en train de vieillir de dix ans… A ce rythme, ce sera le Père Fouras avant ce soir !

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Non mais quelle idée d’avoir mis un désert dans un lieu aussi sec ! C’est quand même chelou qu’ils aient installé leur désert dans un endroit où la pluie n’existe pas. Je n’sais pas, moi,… ils auraient pu le mettre en Bretagne ! Bon, blague à part, il fait chaud, il fait sec, on en chie des ronds de pelle,… mais qu’est-ce que c’est beau ! Ici, la nature semble hurler sa beauté, et pourtant tout est calme… Pas une âme qui vive à quatre ou à deux pattes, avec ou sans ailes…, à part une petite blondinette à vélo, toute seule, qu’on double et qui a l’air d’en chier des ronds de pelle, encore plus que nous… Le décor est vraiment lunaire. Normal, on est dans la Vallée de la Lune, vas-tu me dire ! C’est somptueux,… en un mot, orgasmaculaire ! Mais il fait chaud, il fait sec, on en chie des ronds de pelle !

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Ça tombe bien, notre premier arrêt a lieu au frais dans une cavernes de sel. Très belle petite rando où les gros et les claustro auront l’obligeance de s’abstenir. Il faut en effet se contorsionner pour passer dans certains boyaux très étroits. Ensuite, on arrive au bout de la Vallée de la Lune où il est possible d’y voir une formation rocheuse appelée « Three sisters »… « Ne me dis pas qu’ils nous ont fait pédaler jusqu’au bout du bout de la route pour ça ? » Sur le chemin du retour, nouvel arrêt, cette fois-ci à la grande dune de sable… On a prévu un stop de dix minutes. On y reste près d’une heure et demi. Je suis pris d’une crise de « photographite convulsive » sur cette randonnée tip top qui nous emmène jusqu’au bout d’un promontoire. J’irais même jusqu’à dire : étasunesque tellement les paysages rocailleux sont grandioses… Oui, je sais, je me répète, mais ce n’est pas de ma faute si tout est magnifique ! Quoi qu’il en soit, venir à San Pedro et ne pas pousser jusqu’à cette Vallée de la Lune serait vraiment criminel de ta part et j’aurais beaucoup de mal à te le pardonner !

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Allez, retour en ville. Je dirai même plus, retour en ville très pénible… Mes jambes n’en peuvent plus, elles tétanisent par manque d’eau… On se fait même doubler par la blondinette de tout à l’heure… Garde pour toi tes sarcasmes et phrases de chambrage, elle est à bord d’un pick-up, son vélo trônant honteusement à l’arrière… A ton avis, que fait-on en arrivant à San Pedro et après avoir rendu les vélos ? Une bière s’il vous plait !!! Et bien figure-toi que ce n’est pas si facile que ça à trouver. En fait, au Chili, une loi certainement votée par des députés n’ayant jamais parcouru le désert d’Atacama à vélo, interdit la vente d’alcool dans les bars et restaurants si cela ne s’accompagne pas d’un repas. Heureusement, à force de tourner comme des chiens cherchant leur place, on nous indique qu’un bar déroge à cette règle absurde : Le Chela Cabur qui nous apparaît tel Moïse fendant les eaux… On décrète donc officiellement que ce sera notre quartier général pour les prochains jours, surtout que l’endroit est cool et propice à l’échange : Couple de vieux autrichiens nous invitant à leur table, duo de chiliennes n’ayant pas froid aux yeux,…

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Le reste du film de notre journée ne concourra officiellement pas pour les Oscars, je te fais donc grâce des détails de notre repas quelconque et de l’échange avec Sandrine pour lui demander de contacter ma banque pour notre problème de carte bancaire... Cette longue journée méritant une longue nuit, la suite au prochain numéro ! Je dirai même plus, la suite, demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille