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Oasis Oasis, c’est bon c’est bon !

Jour 2 - 24 octobre

Masochistes. Nom commun masculin pluriel décrivant des personnes éprouvant du plaisir dans la douleur physique ou mentale. En repensant à notre marathon d’hier, c’est la définition qui nous caractérise le mieux au vu de l’autoflagellation que nous nous sommes infligés avec cette journée de transports de déglingo qui fatigue rien qu’en lisant sa description. Du coup, aujourd’hui sera sous le signe de la volupté et de la décontraction du sphincter avec pour objectif premier de gommer les poches kangourous que nous avons sous les yeux. Décontraction égale repos. Repos égal calme. Calme égal vide. Vide égal désert. Désert égal oasis… Le must du must de chez must, ce serait donc de se trouver une oasis en plein désert pour se la couler douce le temps de se remettre sur pieds ! « Ok, Géo Trouvetout, sauf que je te rappelle que vous êtes au Pérou, pas au Maroc ou au Boukisthan ! » Toi, on peut dire que t’es complètement dépassé par la technologie : « Ok, Google, trouve-nous un désert au Pérou ! Oui, oui, un désert comme dans désert avec du sable, des dunes, des palmiers, et tout l’toutim… Et n’oublie pas le p’tit lac au milieu des dunes en guise d’oasis et ce sera parfait ! » Et là, tu vas le croire… ou pas. Ouvre bien tes mirettes et contemple-moi ce désert ! Oui, oui, tu es en plein désert. Non, non, ce n’est pas un mirage. Oui, oui, on a bien vérifié, notre avion nous a bien déposé au Pérou !... Alors, convaincu ?...

Bon, j’en conviens, quand on pense au Pérou, notre imaginaire nous conduit plutôt vers des péruviennes coiffées de leurs chapeaux haut-de-forme galopant à dos de lamas sur le Machu Picchu… Donc difficile d’imaginer que nous soyons ici, à quelques heures de bus de Lima, dans un désert de dunes de sable du calibre du Sahara ou du Namib. Et pourtant, nous sommes bien au Pérou, plus précisément à Huacachina, petit village oasis entourant une lagune verte formée par le flot de larmes incessant d’une princesse indigène venue ici pleurer la mort de son mari décédé à la guerre. Quant à l'origine des dunes, elle s'explique par les marques des plis laissées par son manteau... Si, si, j’te jure, ça a été prouvé scientifiquement par Mac Lesggy ! Et puis Huacachina se traduit par « femme qui pleure » donc comme preuve irréfutable, y a pas mieux, non ? Attention, l’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin car soi-disant que la jeune femme se serait ensuite transformée en sirène et qu’on peut entendre ses plaintes et complaintes lors des nuits de pleine lune. Il paraît aussi que chaque année, elle attire un homme dans le lac pour noyer par vengeance. Bon, vu que les péruviens sont plus réputés pour faire la fête que pour leurs titres olympiques de natation, moi, je pencherais plus pour des soirées arrosées avec un bain de minuit dans la lagune qui tourne mal. En tout cas, sirène mangeuse d’homme ou soirée trop arrosée, je ne mettrai pour ma part pas le bout d’un orteil dans ces eaux verdâtres à l’apparence douteuse...

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Allez, avant la pleine lune de ce soir pour entendre gémir la sirène et après la bonne sieste bien réparatrice de ce matin, nous voilà partis à l’assaut de cette première étape de notre vadrouille ! Pour débuter, excursion à la piscine de notre hôtel « Rocha », suivie par un trek jusqu’au hamac situé à quelques mètres… Ben quoi ? On t’a bien dit qu’on était venu à Huacachina pour se la couler douce, non ?... Le véritable top-départ est finalement donné en fin de matinée pour une prise de contact avec le village. On fait rapidement le tour à pied de la petite étendue d’eau encerclée par les restaurants, hôtels et boutiques à souvenirs, puis… on s’installe à la terrasse du restaurant « Samarana » pour s’y désaltérer de la première Cuzquena du voyage, une cousine éloignée de notre Heineken.

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Etant particulièrement émoussés physiquement par cette première marche au soleil de l’hémisphère sud, et bénéficiant d’une vue sympathique depuis la terrasse, nous prenons collégialement la décision d’y planter notre tente pour le déjeuner. Après un menu à quinze soles (quatre euros) pour entrée, plat et boisson, il ne nous reste plus qu’à aller prendre le désert qui nous tend les bras, principal attrait du coin, pour ne pas dire unique… Les bons guides touristiques proposent deux alternatives pour profiter de ce désert : La fatigante, et la bruyante. La fatigante consiste à prendre ses deux jambes et à les utiliser pour faire trois pas en avant dans le sable, redescendre de deux, pour enfin répéter cette action quatre cent quatre-vingt-douze fois jusqu’en en haut d’une dune qui ferait presque passer celle du Pilat pour un château de sable… Vu qu’on débute la montée, je te parlerai de l’autre possibilité tout à l’heure… Pour ce faire, on emprunte le chemin qui longe la crête de la dune la plus haute des environs. Tu ne peux pas le louper, c’est le chemin qui part du restaurant de spécialités suisses : Raclettes et fondues savoyardes au menu ! Oui, oui, je te l’ai déjà dit, nous sommes bien au Pérou, je viens encore de vérifier… Bon, même si on ne s’est pas empiffré de raclette ce midi, déjà à mi pente, on a le souffle qui crie famine, les cuisses qui démissionnent, la critique sur le dopage beaucoup moins prononcée, sans parler du style artistique. Chris Marquez nous attribuerait un deux s’il nous voyait… Mais nous ne nous démontons pas et parvenons au sommet d’où la zénitude est le maître-mot. Totalement seuls, sans même un lama, et profitant d’un silence assourdissant, on matte la magnifique vue sur l’oasis, la magnifique vue sur les dunes de sable à des kilomètres à la ronde, la magnifique vue sur ces centaines de milliards de milliards de grains de sable à perte de vue… Finalement, entre dessert et désert, il n’y a qu’un pas vu qu’on se prendrait presque pour des fourmis se débattant dans un bol de crème glacé au caramel… Je ne sais pas toi, mais moi, cette vue, ça me donne envie d’aller voir ce qui se trouve derrière toutes ces dunes ! C’est là qu’intervient la seconde alternative ! Tu sais, la bruyante !

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Des engins motorisés tout droit sortis de Mad Max emmènent dans le désert les touristes non phobiques de sensations fortes : Un châssis de camion, une carrosserie en armature tubique, une dizaine de sièges, six roues motrices, un moteur de sept cents chevaux avec échappement en direct, et roule ma poule à fond la caisse dans les dunes ! En gros, c'est bourrin mais ça fait le café dans sa catégorie ! Les tours proposés partent du village à dix, quatorze ou seize heures. Nous avons choisi le dernier départ pour pouvoir profiter du coucher de soleil, tous les deux, en amoureux, les yeux dans les yeux, main dans la main,… mon appareil-photos et moi. Ligotés à nos sièges du premier rang tels de valeureux pilotes d’avion de chasse, nous voilà partis pour un numéro de haute voltige dans les dunes. Dès la première dune, on comprend que le chauffard… euh, je voulais dire le chauffeur, compte bien nous faire bénéficier d’un tour de Space Mountain de trente minutes ! Dommage qu’il y ait quatre cent douze décibels qui nous agressent les trompes d’eustache… « Mademoiselle Pouf,… Oui, vous, juste derrière moi… Une question me turlutte… C’est obligatoire de cracher vos cordes vocales dans chaque montée, dans chaque descente, sur chaque faux-plat,… bref, tout le temps ? » Allez, pour se reposer les écoutilles, on marque un premier arrêt. Oui, mais pour quoi faire ?

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Du sandboard. Le sandboard, c’est comme le snowboard mais avec du sand à la place de la snow. Sur du sable, quoi ! Et c’est certifié bio ! Ce qui veut dire que ça se pratique sur une simple planche en bois, sans attache, sans noyau carbone et sans pesticide, sur laquelle soit tu t’assois, soit tu te couches, soit tu te mets debout pour dévaler les pistes rouges ; la dernière possibilité étant à destination des spécialistes et des casse-cous.  Vu notre état de fatigue et notre profond respect pour la force de gravité terrestre qui sévit du haut des dunes, nous décidons de faire notre première descente sur le ventre… Bon, vue la vitesse qu’on prend assez rapidement et le degré de la pente, ce sera pareil pour les suivantes… Qui a dit « trouillards » ??? Je t’ai déjà dit que nous étions ici pour nous décontracter, tu n’te rappelles pas ?

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Après une nouvelle session de rodéo « Orangina, secouez-moi, secouez-moi », direction un point de vue pour assister comme prévu à la mise au lit du roi soleil derrière une nuée de dunes qui n’en demandent pas tant pour s’enflammer. Dit comme ça, ça semble être super ! Sauf que nous sommes dans un immense désert constitué d’une multitude de dunes et que tous les pilotes de buggys du monde entier se donnent rendez-vous sur la même ! Oui, il y a des choses comme ça que je ne m’explique pas… Par contre, ce que je m’explique très aisément, c’est qu’après avoir déguster un très bon saltitas de pollo au « Nuna restaurant », c’est extinction des feux, un, deux, trois, dormez ! Sur ces appréciations culinaires, je te souhaite une bonne nuit et te dis à demain, si vous le voulez bien… De toute façon, demain est une autre aventure…

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(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille