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Cuzco, empereur mégalo

Jour 4 - 26 octobre

Un Franck sans voyage, c’est comme un actionnaire sans licenciement, ça n’peut pas survivre ! Mais j’me soigne ! En guise de sevrage, pourquoi ne pas me farcir un trajet en bus à travers la Cordillère des Andes pour aller jusqu’à Cuzco ?... Attention, spoiler : Treize heures de bus ! Oui, se rendre à Cuzco, ce n'est pas une sinécure. D'où qu'on parte. Malgré les sièges confortables de notre bus, nous sommes réveillés dès cinq heures du mat’, secoués de droite à gauche, sans oublier de gauche à droite, dans chacun des cent quatre-vingt-douze mille cinq-cents virages et des poussières que compte notre chemin de croix. Bon, même si la route est chiante à s’en bouffer les ongles jusqu’à l’épaule, elle nous permet quand même d’entrapercevoir le vrai Pérou des campagnes, celui de notre imaginaire : Animaux en liberté sur la route, femmes en tenues traditionnelles avec chapeaux haut-de-forme et longues tresses, sans oublier tous ces pics enneigés de la Cordillère à perte de vue, culminant à plus de six-mille mètres d’altitude…

 

La ville de Cuzco, quant à elle, émarge fièrement à trois mille quatre cents mètres ; altitude parfaite pour une acclimatation tout en douceur pour nos petits organismes fragiles non habitués à être aussi proches du dieu soleil. Base parfaite, également, pour visiter cette région pleine de mythes et de légendes, berceau de cette civilisation disparue que sont les incas. N’est pas capitale de l’empire du soleil qui veut ! Car oui, tu l’imagines bien, si nous nous farcissons ce long périple en bus pour venir jusqu’ici, c’est que primo, nous n’avons pas les bourses suffisamment pleines pour l’acquisition de billets d’avion très dispendieux, et que secondo, Cuzco a évidemment de multiples cordes à son arc pour aguicher le commun des touristes. Son centre historique en est une. Le quartier San Blas en est une autre. Mais tout ça, c’est de la roupie de sansonnet comparé aux mastodontes touristiquintéressants qui trônent dans les environs. Le reste de notre journée d’aujourd’hui sera d’ailleurs consacré à l’organisation de ces visites, mais on aura l’occasion d’en reparler tout à l’heure car là, nous entrons dans ce qu’on peut appeler le nombril du monde. Ce n’est pas moi qui le dis car dans la langue quéchua, Cuzco signifie « nombril du monde ». En tout cas, nombril du monde ou pas, Cuzco est quoi qu’il en soit le nombril touristique du Pérou ! Donc welcome to Cuzco !

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L’air de rien, on en est déjà à notre troisième étape de notre trip péruvien. Et première impression : « Ben dis donc, c’est ‘achement grand, Cuzco ! » Bien plus que je n’aurais osé l’imaginer ! Spectaculaire, c’est bien le mot ! Je ne sais pour quelle raison absurde, mais je m'imaginais une petite ville de campagne bien tranquille… Tout faux le garçon ! On découvre sous nos yeux une ville tentaculaire s’étendant à perte de vue et venant lécher goulument toutes les collines environnantes ! Et comme on dit, la première impression est souvent la bonne. Car on met encore presqu’une heure à traverser la ville pour gagner le terminal des bus d’où on négocie âprement un taxi à douze soles pour nous emmener dans le quartier San Blas où nous attend un vrai lit réservé pour la nuit prochaine.

 

Bon. Cuzco, on vient juste d'y arriver, mais on l'a déjà adoptée... Le trajet en taxi dans les petites rues de San Blas fait monter la cotte de magie de la ville à neuf sur l’échelle de Richter. Petites rues pavées blanchies par la chaux, architecture homogène, ambiance sud-américaine,… C’est tout mimi comme un petit chiot venant de naître… Mais méfiance, les petits chiots peuvent aussi te pisser dans les godasses donc on se prononcera ce soir sur notre ressenti final. Là, nous déposons nos sacs à notre hôtel, le bien nommé Samay Wasi. Le confort y est minimaliste. Je veux dire par là que si tu as l'habitude de loger dans des hôtels de luxe douze étoiles, ça va te faire un choc ! Nous, on s'y sent tout de suite comme chez mamie Dédé ! On est hyper bien accueilli et le cadre est top ! « Elle est pas belle la vue ? » Vue magnifique dégagée sur tout Cuzco. Bref, l’hôtel nous fait lui aussi une très bonne première impression… Mais chut, rappelle-toi du petit chiot…

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Notre mission de l’après-midi, si nous l’acceptons, consiste à nous trouver de quoi manger, à humer la ville jusqu’à plus d’air, et accessoirement à organiser nos trois magnifiques prochaines virées exploratives : Vallée sacrée, Machu Picchu, et ascension de la Rainbow mountain, comme un triptyque de chez Maisons du monde qu’on accroche dans son salon … Un crochet par l’office du tourisme, puis par l’agence Peru Travel Explorer nous permet de régler tout ça en deux temps trois mots d’anglais,… et quelques soles. Pour ce qui est du resto, on trouve assez facilement une petite cantinas à trois soles le menu, soit moins d’un euro pour une soupe, un plat et une boisson. Pour ce prix dérisoire qui pourrait figurer au Guinness book de mes voyages, les plats qui nous sont servis nous font une bonne première impression. Sauf que… il faut se méfier du petit chiot vas-tu me dire. Et bien Paf le chiot, dans l’mille Emile ! Deux heures plus tard, alors que nous déambulons le nez en l’air dans le centre historique, nous avons la preuve que le petit chiot avait effectivement déféqué dans nos assiettes !!! Car oui, mon pauvre petit frère, cet homme pourtant intestinalement bien constitué, va maintenant devoir lutter de toutes ses forces pour ne pas déféquer dans son caleçon ! « Vite, les clés de la chambre ! » A voir son regard apeuré et ses gouttes de sueur lui perler sur le front, c’est sûr, il ne le répétera pas deux fois,… il n’en aurait malheureusement pas le temps !

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Bon, rassure-toi, selon les manifestants, pas de dégât à déplorer ! Il faudra peut-être poser la question à la police des sous-vêtements pour savoir ce qu’elle a à dire… En tout cas, une fois mon frère revenu et soulagé, on peut donc tranquillement terminer cette journée de découverte de Cuzco qui nous semble être le repère idéal pour qui veut flirter avec sa moitié. De jolies places pour se bécoter sur les bancs publics, bancs publics, des ruelles sinueuses et fleuries, un petit marché artisanal, des rues ourlées d’arcades,… Bon, étant accompagné de mon frère, on ne s’attarde pas sur les bancs publics. Direction la terrasse de notre hôtel qui nous apparaît comme étant le repère idéal pour aller siroter une Cuzquena bien fraîche en contemplant tout ébahis Cuzco la belle se lover progressivement dans la pénombre de la nuit. Ouah, c’est beau comme du Cabrel, tu ne trouves pas ?… Je conclurai quand même cette journée en te disant que contrairement à notre restaurant de ce midi, Cuzco et notre hôtel ne nous ont pas déçus d’un poil, eux. Il en est d’ailleurs de même pour le Cultura Paraiso, petit restaurant bien goutu, mais aussi beaucoup plus cher que celui de ce midi, que nous avons choisi pour y déguster, en toute sécurité, loin des chiots, notre premier ceviche, plat traditionnel péruvien composé de poisson cru mariné dans du citron, accompagné de grains de maïs et d’une tooooooonnnnnnnne d’oignons. « Euuuh, Sullivan, les oignons, c’est bon pour toi, ça ?... Allez, je te charrie, le futur sera meilleur demain »… De toute façon, demain est une autre aventure…

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Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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