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Franck et le temple du soleil

Jour 5 - 27 octobre

Le matin au réveil, soit on se rendort comme un nounours pour retomber dans ses rêves, soit on se lève pour les vivre ! En ce qui me concerne, ce matin, le réveil de frère Jacques n’aura même pas eu le temps de sonner les matines pour m’extirper de mes rêves de voyages et d’aventures. Il est six heures et demie, l’heure de prendre le petit-déjeuner sur notre terrasse face à Cuzco qui nous tend les bras… L’heure de débuter cette journée qui va nous emmener dans la vallée sacrée ! Il nous faut donc déjà remballer nos sacs qui n’auront pas eu le temps de moisir à Cuzco. « Quoi, vous quittez déjà Cuzco alors que vous n’y êtes arrivés qu’hier midi ? » Oui, et j’fais c’que j’veux !... Et pis t’es pas ma mère !... Allez, arrête de tondre la banquise, nous faisons notre petit bonhomme de chemin dans les environs et nous reviendrons bien évidemment à Cuzco dans quelques jours afin d’y approfondir l’idylle que j’ai commencé à sentir poindre hier entre nous…

 

Présentement, nous nous rendons au lieu de départ des collectivos pour y attraper celui qui part pour la petite ville d’Urubamba. Une fois notre van rempli comme une huître bien laiteuse, c’est parti pour une heure de route au milieu des magnifiques paysages de l’Altiplano où on aperçoit nos premiers lamas. A notre demande, on se fait jeter sur le bas-côté à Maras. De là, ce n’est pas qu’on soit anorexique du porte-monnaie, mais pour diviser les frais, on se regroupe avec cinq allemands pour négocier un autre van pour nous emmener sur le site de Moray, puis au Salinas de Maras… On visite Moray, on visite les salinas et voilà qui est fait pour le programme du jour. Bon, j’arrête de ramer des gencives et je te décris quand même un peu en quoi consiste ces deux sites incontournables.

 

Pour Moray, d’après l’étude que j’ai rapidement menée en arrivant sur le site, il s’agissait probablement d’un laboratoire agronomique où les incas testaient différentes cultures sur différents niveaux de terrasses circulaires avec différentes températures à différentes saisons pour obtenir différents résultats. En fait, différentes choses qui permettaient de simuler des microclimats avec des températures plus élevées dans les cercles centraux et plus fraîches en périphérie. Tu as vu, je me suis intéressé à la question comme un chien à ses propres bourses, s’il est souple, bien évidemment… Sauf que tout ça n’est bien sûr qu’une hypothèse qui n’engage que mon sens accru de l’observation… et Wikipédia. Quoi qu’il en soit, on ne peut s’empêcher d’admettre que les incas n’étaient pas issus d’un croisement entre Nabila et Franck Ribery… Sans rire, ces petits incas étaient des génies ! Je te laisse découvrir ça par tes propres petits yeux écarquillés sur les photos prises tout spécialement à ton attention.

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On en fait le tour, on descend, on remonte, on croise d’autres touristes, on salue une énorme tarentule, on s’amuse comme des p’tits fous, puis on se rend aux Salinas de Maras. Et là, mon copain, ça commence à causer ! Pour te la faire courte, ici, le principe est très simple et il est également made in Incas ! Un ruisseau naturellement salé coule miraculeusement depuis le haut de la montagne. Il est capté par des canaux qui alimentent une multitude de bassins construits à flanc de pente. Une fois que l’un d’eux est rempli, on oriente l’arrivée d’eau vers un autre bassin et on laisse dame nature, ou plutôt monsieur soleil, faire le reste, c’est-à-dire faire évaporer l’eau stagnante prise au piège. Une fois ce processus terminé, il ne reste alors plus que le sel que l’on peut ramasser tranquillement en raclant les bassins asséchés, avant de recommencer la manipulation indéfiniment ; et ce, depuis des centaines d’années. Car oui, c’est toujours en activité ! Chaque petite parcelle appartient à une famille qui possède le droit de l’exploiter de génération en génération. Bon, je ne vais pas t’en écrire toute une Martine, vois plutôt par toi-même, surtout que c’est très photogénique ! Mon appareil photo est en surchauffe…

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D’ailleurs, j’ai du mal à me déscratcher de ce que j’ai sous les yeux ! C’est grandiose, majestueux, imposant,… que dis-je… C’est un cap ! Une péninsule ! Ma première vraie claque visuelle du voyage ! Un paysage « Wahou » comme dirait mon frère… « Ah bon, tant que ça ? » Tu connais mes sept merveilles du monde ? En un, mes filles ! En deux, les crêpes de ma femme ! En trois, la tête de veau de ma maman ! En quatre, le site de Pétra ! En cinq, le stade Vélodrome ! En six, Woinic ! Et en sept, je dirais les Salinas de Maras ! Non, sérieusement, c’est top ! Nous arpentons le site dans tous les sens. On monte, on descend, on remonte, on tourne, trouvant à chaque instant le paysage plus beau que la minute précédente. Bon, le site n’a malheureusement pas été privatisé à l’occasion de notre venue, mais plus on avance et plus on s’exonère de tous ces feignants qui s’agglutinent sur le point de vue d’en haut. En revanche, une fois en bas et presque seuls, c’est le moment où une famille péruvienne décide de nous privatiser ; un couple d’une soixantaine d’années accompagné de ce qui semble être leur fille. Un moment étrange passé en leur compagnie qui me pousse à te conter l’anecdote. Déjà, la femme et sa fille étaient excitées comme de jeunes juments en rut lorsqu’elles nous ont abordées pour nous demander une photo. Soit… Mais l’irréparable a été commis lorsque nous posions innocemment pour l’appareil photo du mari, d’ailleurs tout content de voir sa femme si enjouée… Tu m’étonnes qu’elle était enjouée !!! Mettre son bras sur nos épaules pour prendre la pose aurait encore pu passer… Mais la dame, jugeant certainement être trop petite pour atteindre nos épaules, a simplement décidé de mettre sa main dans la poche arrière de mon pantalon et de me malaxer délibérément la fesse droite pendant de longues secondes… « C’est dans les coutumes locales du Pérou, ça, madame ? » Moi, tout pantois par « tant d’attention » et me tenant devant le mari qui ne se doutait de rien, je n’ai pas osé réagir…, me disant que ça me ferait une anecdote à te raconter ! Bref, on continue de parcourir ce site jusqu’à être confronté à un panneau énigmatique indiquant en anglais et en espagnol « Don’t cross  / No pasar ».

« Tu parles espagnol, toi ?

- Non…

Et anglais ?

- Non plus… »

Ok, donc on s’en tient au plan initial, on continue !

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Et quand bien nous en a pris qu’on a bien fait ! J’avais lu un conseil sur le net qui disait vaguement de descendre dans le fond de la vallée. Et bien à mon tour, j’enfile mon collant bleu et mon slip rouge de « Supertuyau » pour t’expliquer tout de A à Z avec description de chacune des étapes à réaliser dans le même ordre : Ignore le panneau t’interdisant de passer en feignant une cessité visuelle passagère. Déjà, tu vas te retrouver seul au monde auprès de bassins de sel plus confidentiels ; c’est déjà ça de gagner ! Après ça, faisons l’amour avant de nous dire adieu ! Le cœur dégoulinant d’émotion, tu laisses dans ton rétroviseur les salinas et tu t’engages sur un magnifique chemin à flanc de montagne qui va te conduire jusqu’au rio Urubamba, une rivière bien plus bas au fond de la vallée. Tu longes cette rivière par la droite jusqu’au pont qui va te permettre de l’enjamber en tout bien tout honneur. Là, tu gagnes la route de la vallée, tu te plantes au milieu jusqu’à ce qu’un collectivo fasse son apparition par la droite. Tu l’attrapes au vol, tu lui dis que tu veux aller à Ollentaytambo, tu lui paies les dix soles que le monsieur te demande en contrepartie. Voilà, je t’ai mâché tout le boulot pour l’organisation de cette super expédition d’aventurier qui brave tous les dangers pour en prendre plein les yeux !

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Nous arrivons donc à Ollentaytambo. Déjà, rien que le nom donne l'impression d'un endroit mythique. Il faut dire qu’Ollanta, comme les gens du coin la surnomment, est la dernière ville du Pérou à avoir conservé intact son plan inital inca. Si tu es en plein dans ta thèse sur l’urbanisme inca, viens ici car c’est un musée à ciel ouvert sur cette civilisation… En arrivant, nous quittons nos gros sacs au Janaxpacha Hostel et partons aussitôt vérifier ça. Alors, laisse-moi te décrire la ville comme Mozart aurait pu te la peindre : Des petites ruelles, une placette mignonette, des montagnes que les anciennes générations ont aménagées en terrasses pour la culture, des ruines incas, des canaux qui font circuler l’eau dans toute la ville, un emplacement idéal au creux de la vallée sacrée. Le spectacle est à chaque coin de rue. Ajoute à ça des descendants d’incas aux visages typiques, des boutiques proposant des articles multicolores et des petits restos te faisant saliver les babines, et tu obtiens l’endroit idéal pour passer cet après-midi. Car oui, il est déjà l’heure de passer à table, et vue l’offre et les prix proposés, on ne va pas se gêner ! Vingt soles le ceviche au Tupac restaurant ; qui par le saint esprit de la tentative d’arnaque, se transforme en vingt-huit soles sur l’addition… Du coup, raye les mentions inutiles :

Réponse A : Le gentil serveur a malencontreusement fait une erreur

Réponse B : Le méchant serveur nous a pris pour des jambons fumés croisés avec des pigeons

Réponse C : Le consciencieux serveur a mis à jour le prix entre la commande et l’addition au vu de l’inflation galopante qui sévit au Pérou

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Allez, sans rancune aucune, on a la peau du ventre bien tendue, n’en parlons plus… Par contre, je vais encore te parler d’Ollentaytambo puisqu’on va maintenant s’attaquer à la visite du site inca du même nom. Déjà, il faut savoir que la forteresse d’Ollantaytambo fut un haut lieu de résistance des incas contre les conquistadors espagnols. Elle constitue aussi la porte d’entrée de la route pour le Machu Picchu. Mais ne mettons pas le carrosse avant le poney, on aura bien l’occasion de reparler du Machu Picchu plus tard… Là, pour l’instant, nous nous consacrons à ce site mineur... Ça, c’est ce que je croyais avant de venir. Car maintenant que j’y suis, je peux te dire que ce site est vraiment impressionnant. Le site inca le plus impressionnant que j’ai eu la chance de visiter dans la région, dans le pays, voire dans le monde entier. Oui ma bonne dame, oui mon bon monsieur, le monde ! Faut dire que je débute en termes de sites incas, mais ça laisse quand même augurer plein de bonheur en sacs de dix en imaginant notre virée au Machu Picchu dans quelques jours… Mais ne mettons pas le carrosse avant le poney, on aura bien l’occasion de reparler du Machu Picchu plus tard… Là, pour l’instant, nous nous consacrons à ce site… magnifique, construit en terrasses et surplombant la vallée et la ville. On passe de terrasses en greniers, du temple du soleil aux anciens bains, des niveaux supérieurs aux niveaux inférieurs, d’une séance photos avec de vieilles mamies à une séance photos avec une classe d’étudiantes qui défilent, l’une après l’autre, pour se faire tirer le portrait en compagnie de deux grands blonds aux yeux bleus, denrée très rare au pays du Machu. Et ce qui devait arriver arriva : La lumière descend aussi vite que les isos augmentent ! Du coup, on ferme le rideau pour les visites du jour ! Un steak de lama à la plancha à l'Inca Travel, quelques danses folkloriques aux pieds du site, une Cuzquena, voir deux si affinité et il est l’heure d’aller se glisser sous nos couvertures. Oui, je sais, deux verres d’alcool par jour et tu es alcoolique… Donc c’est décidé, je boirai deux Fanta demain et je serai fantastique… De toute façon, demain est une autre aventure…

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Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille