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On a marché sur le Machu !

Jour 7 - 29 octobre

Top départ pour une journée qu’on espère top. Ça, ça aurait pu être mon accroche d’introduction si nous n’avions pas été sortis de notre mode veille par la dénommée « pluie battante » qui n’a pas cessé de frapper violemment à notre fenêtre pendant une bonne partie de la nuit. Voir le Machu Picchu de ses propres yeux est dans ma « to do list before to die ». Voir le Machu Picchu de ses propres yeux sous la pluie, le visage engoncé dans une capuche de K-way et les pieds baignant dans un jus de chaussettes, non… Au réveil, l’heure est à la déprime générale, notre moral affiche moins dix au thermomètre… Aïe, il ne sait pas que je l’ai vu, mais mon frère vient de partir à la douche avec une corde… On se raccroche aux branches comme on peut en se disant qu’il est encore tôt et que le temps va peut-être se lever d’ici notre arrivée sur le site… Au réveil, le ciel est plombé. Après le petit-déj’, c’est toujours plombé de chez plombé. On sort pour aller prendre la navette qui doit nous monter à l’entrée du site, plombé, plombé, vous avez dit plombé ?... Que pourrait-il nous arriver de pire ?? Et bien, le pire est devant nous ! Là où nous étions arrosés par les nuages en bas, nous sommes maintenant dans les nuages en haut. En arrivant au point de vue le plus connu du Machu Picchu, celui d’où sont pris les clichés qu’on voit dans tous les magazines, sur tous les posters dans les agences de voyage, sur tous les fonds d’écran d’ordinateurs, nous avons droit à un joli monochrome de Whiteman… Rien, rien de rien, non, nous n’apercevons rien. Ni le bout de nos pieds, ni le graal, tout ça ne nous est pas égal… Aïe, il ne sait pas que je l’ai vu, mais mon frère vient de partir aux toilettes avec une boîte de barbiturique…

 

Bon, après un coup de mou, après deux trois claques pour se remettre la tête à l’endroit, les aventuriers de la tribu réunifiée ont décidé de monter un piquet de grève, et leur sentence est irrévocable ! Nous ne bougerons pas d’un poil tant que le soleil n’aura pas daigné éclairer de ses petits rayons l’objet de toutes nos convoitises. Repartir d’ici sans pouvoir le caresser du regard alors qu’il est là, sous notre nez,… Non, totalement inconcevable ! J’aurais honte de venir ici te raconter ça… Du coup, comme deux vieux pêcheurs regardant fixement leurs bouchons flottant dans une flaque d’eau, nous patientons…, nous patientons…, une heure, deux heures, trois heures, quatre heures,… Comme nous ne faisons rien à part attendre dans notre village dans les nuages, j’en profite quand même pour te parler un peu du Machu Picchu. Ben oui, le Machu Picchu, tout le monde en parle, tout le monde l’a déjà vu en photos, tout le monde veut y aller, mais est-ce que tout le monde sait ce que c’est ?... Déjà, le Machu Picchu, ça s’écrit comme ça. Un « c » pour Machu, et deux pour le Picchu. Et sais-tu pourquoi Machu ne prend qu’un seul « c » là où Picchu a eu la chance d’en avoir deux ? Non ? Ben moi non plus ! Ensuite, il faut savoir que le Machu Picchu est une des sept nouvelles merveilles du monde. Mais avant d’être élu, savais-tu qu’il n’a été découvert par hasard par les occidentaux qu’en 1911 par un certain Hiram Bingham ? Enfin, retiens que le Machu Picchu est une citée fondée par le peuple inca dans les années mille quatre cents, qu’il n’a jamais été découvert par les conquistadors espagnols, et que ce qui fait du site un incontournable et l’attraction touristique number one au Pérou, c’est surtout sa beauté et son environnement montagneux puisqu’il est situé sur un magnifique perchoir surplombant le vide…

 

Attends un peu,… mais oui, pince-moi, je n’ai pas la berlue, c’est bien mon frère que j’entends applaudir !!! Serait-ce pour fêter le dieu soleil qui se pointe enfin ?... Ah non, désolé, enflammade de courte durée car les applaudissements sont à destination des salopards de moustiques qui nous mitraillent joyeusement. C’est simple, les jambes de mon frère ressemblent à Las Vegas by night vu du ciel tellement ça clignote ! Si on chope le palu moins de trois fois chacun, on sera chanceux !!! Du coup, c’est décidé, on bouge ! Faut dire qu’il est midi, qu’on est toujours brecouille comme on dit dans le bouchonnois, et qu’on a une réservation pour faire l’ascension du Wayna Picchu ce matin, brouillard ou pas ! Le Wayna Picchu, je suis certain que tu sais ce que c’est sans savoir que ça s’appelle comme ça. Le Wayna Picchu, c’est la montagne à la forme arrondie qui se trouve derrière le Machu Picchu et qu’on voit sur toutes les photos. 

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Le Wayna Picchu, en quéchua, ça signifie « Jeune montagne » alors que Machu Picchu se traduit par « Vieille montagne ». Sur réservation, il est possible d’en faire la fatigante ascension via les mille quatre cents marches creusées dans la roche par les incas pour accéder à cette montagne sacrée et y jouir d’une vue différente sur le Machu. « Bon, maman, ce n’est pas pour te faire peur, mais tes deux fils se lancent dans ce que certains appellent « les marches de la mort ». Mais pas de panique, ces marches n’ont jamais fait de victime, tout du moins jusqu’à aujourd’hui... C’est simplement qu’elles sont étroites, glissantes et plantées dans la roche à même la falaise… Une bonne dose d’adrénaline pour les flippettes du vide que nous ne sommes pas…

La bonne nouvelle, c’est que plus on monte, plus les nuages en font de même. Alléluia, on commence même par apercevoir un bout du Machu ! Arrivés au sommet, on le contemple même dans son ensemble ! De là-haut, plus spectaculaire tu meurs, puisque plus spectaculaire, tu sautes ! On profite de la vue à s’en gaver la rétine, on sort notre petit pique-nique du sac, puis on redescend de la montagne, non pas à cheval, mais quand même au pas de course pour être sûr de pouvoir visiter le Machu Picchu avec une visibilité supérieure à dix mètres. Sauf que Jean-Pierre Pernaut vient de l’annoncer au journal télévisé de treize heures : « Drame au Pérou ! Les éléments s’acharnent sur le sort de ces deux pauvres petits français au Machu Picchu ! ». A peine parvenus sur le site, c’est maintenant une pluie torrentielle qui s’abat sur nos têtes ! Non mais allo, quoi !... Il restait quelques touristes sur place ? Il n’y en a maintenant plus ! Comme le dirait mieux que moi Denis Brogniart : « Et à la fin, il n’en restera qu’un ! » Et bien je crois que les dieux incas ne nous ont pas bien compris tout à l’heure car on le répète, s’il ne doit en rester qu’un, ce sera nous deux ! Nous ne partirons pas d’ici sans avoir vu le Machu Picchu sous le soleil ! 

Et sinon, tu crois au paranormal ? Aux fantômes, aux esprits,… aux adages ? En tout cas, un adage dit « Après la pluie, le beau temps ! » Et bien ma zette, ça marche ! Une fois tous les nuages bien vidés et essorés de leur contenu, le vent a plus de facilités pour les envoyer se faire voir en France. Ce qui fait qu’après quelques minutes, nous avons droit à nos premiers rayons de soleil ! Huit heures ! Huit heures de patience pour avoir le droit, la chance, l’honneur de contempler le Machu Picchu sous son meilleur profil ! Tu imagines aisément que nous sommes excités comme des puces sur un nouveau chien ! On a envie de baiser les pieds des gardiens du site tellement on est content. On photographie le site sous toutes les coutures. D’en haut, d’en bas, avec nous, sans nous, avec lama, sans lama,… mais toujours avec le soleil !! Quel pied ! On ne remerciera jamais assez les dieux incas, ou qui tu veux, de nous avoir montré cette merveille sous une brume étonnante, une pluie battante, et surtout un soleil magnifique !

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Ça y est, c’est la fin ! Car oui, après dix heures d’une relation intense, il faut bien se résoudre à se quitter. Un dernier roulage de pelles, un dernier regard langoureux, et on reprend la navette du retour vers Agua Calientes où la fin de journée sera consacrée au lavage de notre linge, à un happy hour dans un bar australien, et à un repas dans le même restaurant qu’hier au son d’une flûte péruvienne jouant sa douce mélodie auprès de nous… Une bien belle journée, un site magnifique certainement magnifié par le fait d’avoir dû patienter pour le découvrir avec la peur au ventre de passer à côté, un super souvenir partagé entre frères que nous nous sommes gravés à tout jamais dans le lobe temporal en compagnie de ceux des jours précédents, en attendant ceux des jours à venir, à commencer par demain… De toute façon, demain est une autre aventure… 

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(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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On part en vadrouille