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Islande vs Philippines

Jour 1 - 12 avril

Après un premier essai transformé en 2017, mon frère et moi avons collatéralement décidé de remettre le couvert en 2019 ! Et la destination a rapidement été trouvée, votée, validée, tamponnée. Ce sera l’Islande ! Bon, à la lecture de ces premières lignes, tu te demandes si tu ne t’es pas trompé d’endroit. Toi, tu voulais lire l’histoire de deux jeunes et beaux gars, sacs à dos vissés sur les épaules, parcourant les Philippines, ses fonds marins, ses rizières et ses plages paradisiaques ; et là, le bonhomme commence à te parler de l’Islande et de son climat polaire… Détends-toi, tu as frappé à la bonne porte, sauf peut-être pour les adjectifs « jeunes et beaux » qui ne sont pas très fidèles à la situation concernant mon frère… Car, oui, un événement inattendu est arrivé et a rapidement enterré l’Islande au profit des Philippines. Certaines personnes sont obsédées par les boomerangs, là où d’autres sont complètement subjuguées par les monuments reconstitués en allumettes. Moi, tu pourrais m’inviter à un dîner pendant lequel j’expliquerais mon obsession de fouiner, traquer, sonder internet pour y dégoter des billets d’avion à des prix ridiculement bas. Et un tarif aller-retour à quatre-cent quarante euros par tête de pipe entre Paris et Manille avec des horaires plus qu’acceptables, on ne pouvait décemment pas passer à côté. RIP Islande, welcome to Philippines pour trois semaines !

 

Et là, c'est avec une frustration non dissimulée que j’étale sur papier glacé les premiers mots de ce carnet… Ben oui, en préparant ce voyage, j’ai découvert que ce pays ne pouvait pas se découvrir en une seule fois, même pour le globetrotter sujet à la bougeotte que je suis. Il y a aux Philippines plus de sept mille îles. Autant dire qu'on peut passer sa vie à visiter le pays. Les possibilités sont infinies et il va donc falloir se résoudre à faire des choix. Là, je suis comme un gamin de quarante ans dans les rayons de Micromania sachant que je ne pourrai choisir que trois ou quatre jeux parmi la pléiade de hits que propose la PlayStation 4. Aux Philippines, que tu aimes faire la fête, le calme, le snorkeling, la montagne, la plongée, la forêt, la randonnée, les Bee Gees, les nains de jardin, les tractopelles ou les cucurbitacées, tu trouveras ton bonheur, il y a tout pour plaire ! Bon, pour l’instant, je mets de côté la description des plages paradisiaques et paysages à couper le souffle qu’on peut y trouver car sinon, tu risques un infarctus direct dans ton open space… Et franchement, je doute que ton collègue Jean-Michel Compta sache correctement se servir d’un défibrillateur, n’est-ce pas ? De toute manière, je n’l’ai jamais senti, sui-là… Bref, tu découvriras ça petit à petit au fur et à mesure des lectures de nos journées de folles aventures !!! Car oui, ça y est, c’est aujourd’hui qu’on thaï la route ! Ah non, pardon, on philippine la route ! Top départ de la maison, direction l’aéroport du grand Charles ! Et là, devine un peu sur qui je tombe à l’aéroport ?... Mon frère ! Le monde est petit, comme dirait notre chère et tendre Huguette… Euuuh, c’est qui cette Huguette ?!? Bref, on se rejoint à l’aéroport et c’est parti mon kiki pour notre grand périple loin là-bas, à l’autre bout de la planète. C’est parti pour seize heures de vols, sans oublier de faire une pause-pipi toutes les huit heures. Ce sera dans notre cas une micro escale à Oman pour se dégourdir les papattes...

 

Nous sommes le douze avril 2019, il est vingt-et-une heures sur le fuseau horaire des Philippines. Après cinq micro-siestes, seize repas et trente-deux films, nous atterrissons, les roues de notre avion déposant une fine pellicule de gomme sur le tarmac de l’aéroport de Manille. Nous rejoignons le terminal un, attrapons nos sacs à dos sur le tourniquet magique, changeons nos premiers pesos et sortons rapidement pour nous jeter dans la moiteur tropicale et dans le premier taxi qui passe par là. J’avais bien noté sur un coin de papier dans ma tête qu’il fallait se méfier des chauffeurs de taxi à Manille. Moi, pas né de la première neige, je sors mes premiers mots en english du voyage en contractant mes pecs pour l’impressionner : « Taxi meter !!!! » Le gars a dû se dire « C’ui-là, balaise comme il est, ce n’est pas le moment de la lui faire à l’envers ! » vu qu’il s’est exécuté aussi sec ! Moi, fier de ma première mission accomplie, je peux dégonfler la cage thoracique, reprendre une respiration normale et profiter du paysage urbain… Sauf qu’après seulement cinq minutes, le compteur affiche déjà trois cent cinquante pesos, soit le double de ce que j’avais prévu de payer pour la course ! « Ce sera ce prix fixe ou bien je vous lâche sur l’autoroute » dixit le bonhomme… Flibustier ! Ectoplasme à roulettes ! Concentré de moules à gaufres ! Supporter du PSG !... Premier contact avec les philippins, ou comment prononcer rapidement ses premiers noms d’oiseau en anglais !

 

Et le bougre me fait bondir de mon slip-kangourou, car en plus de nous farcir le colon impunément, le gars ne connait même pas l’emplacement exact de notre hôtel ! Et au prétexte d’une déviation, il nous abandonne lâchement au milieu de nulle part dans une ruelle sombre en cul-de-sac en nous assurant que nous sommes tout près du but. « Et sinon, on lui donne combien en pourboire ? » Bon, ben on va se la jouer à la MacGyver pour se repérer. Déjà, je connais une chanson qui devrait nous aider ! « Vivre, sous l'équateur du Brésil, entre Cuba et Manille… » Si on en croit les paroles, nous sommes donc dans l’hémisphère sud… Perdu, ça commence mal ! Merci Gilbert pour cette fake news ! Ensuite, on a un bout de croquis qui situe l’hôtel par rapport au McDo du coin. Sauf qu’on ne voit pas, ni ne sent l’odeur de Ronald dans les parages. Aïe. On marche, on cherche, on tourne, on sue dans ce quartier désert sans croiser âme sobre qui vive susceptible de nous aiguiller… Je rappelle quand même pour la défense des frenchies en détresse qu’il est près de vingt-trois heures, et que marcher fin mai début avril avec de gros sacs ici, c’est rillettes sous les bras assurées, même à cette heure avancée… Je précise enfin que Manille est une des villes les plus denses au monde. Tout ça pour que tu sois indulgeant envers nous pour cette première petite galère de voyage qui risque de nous voir dormir dehors… Bon, rassure-toi, tout finit toujours par s’arranger. Tu n’auras pas l’occasion de lire demain dans ton journal local que deux jeunes et beaux français sont morts d’épuisement dans Manille en cherchant leur hôtel, vu que les adjectifs « jeunes et beaux » ne sont pas très fidèles à la situation concernant mon frère… En d’autres termes, nous avons réussi à dépenser l’équivalent de quatre euros par personne pour avoir le droit de dormir au Christopher B&B Apartment avec ventilateur électrique gracieusement mis à disposition. Nous y avons acheté et bu nos premières Horse Beer d’une longue liste pour nous remettre de nos émotions. Et nous y avons passer notre première nuit en terre philippine pour y emmagasiner un maximum d’énergie en vu de la journée de demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

Toi, petit gourmand, je sais que tu en veux plus...

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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