p1090091_optimized.jpg

Lost in transition

Jour 9 - 21 avril

Huit heures, je retrouve mon téléphone !

Huit heures quinze, juste une illusion, à peine une sensation, ces retrouvailles n’étaient malheureusement qu’un doux rêve… La présence de Cendrillon pour m’aider dans mes recherches aurait dû me mettre le puceau à l’oreille…

Huit heures trente, le jour s’est levé, sur une étrange idée, je crois que j’ai rêvé…, et il est l’heure de se bouger…

Huit heures quarante-cinq, l’efficacité est de mise puisque les douches sont prises et nos sacs bouclés…

Neuf heures, vive le copieux petit-déjeuner pris au restaurant de notre hôtel face à la mer turquoise !

 

Mince, dure limite car c’en est déjà terminé des joyeusetés du jour. Destinés, on était tous les deux destinés à vivre une nouvelle journée parfaite sous les tropiques mais ce qui va maintenant suivre ne va pas totalement correspondre à ce qui était initialement prévu dans ma p’tite tête... Oui, comme tu dis, j’ai beau avoir obtenu mes diplômes d’organisation de voyage à Poudlard, on est à l’abri de rien…

 

Neuf heures trente, nous sommes à l’heure au rendez-vous fixé au Savedra Dive Center afin d’aller plonger sur Pescador Island. Si tu es ici pour voir de belles photos de plages, de coraux, de paysages exotiques, eh bien passe ton chemin, cet article ne sera comme je te l’ai fait comprendre qu’un simple exutoire ! « Allez crache ton venin… Crache ton venin !… » Déjà, en montant sur le bateau, mon petit sac à dos sur le dos, je me fais violemment attaquer par une vague sournoise qui attendait tapie dans l’eau que je me pointe. Et paf, qu’est-ce qui se trouvait dans mon sac à dos et qui baigne maintenant dans la saumure ?... En plus de mon passeport, mon appareil-photo ! Buée, humidité, bouton « On » inactif… Là, j’ai envie de me cacher comme une télécommande entre les coussins du canapé ! Bref, la loose de la loose ! J’ai envie de me mettre des claques par plaisir ! Heureusement qu’on va arriver sur le site de plongée et que je vais pouvoir lâcher des bulles pour décompresser… Ben non ! La loose jusqu’au bout, j’te dit !

 

A peine la tête sous l’eau et sans aucune raison aucune, mon frère se met à paniquer comme une jeune pucelle se retrouvant à poil et sans pneu à changer devant Rocco Siffredi ! La sanction pour lui est immédiate, retour à la case bateau ! Il fait peine à voir, on dirait un cheval qu’a raté une haie. On l’abattrait sur un champ de course… Là, tu te dis que ça y est. Délesté de mon téléphone, de mon appareil-photo, de mon frère, c’est enfin le moment pour moi de profiter ! Peau de zob ! Alors que la mer semble calme en surface, la visibilité sous l’eau est quasiment nulle, ne dépassant pas les deux mètres ! Suis-je bien en train de plonger à Pescador Island aux Philippines ou ai-je été puni pour la perte de mon téléphone et la destruction de mon appareil-photo avec téléportation immédiate dans les eaux saumâtres entourant l’île de Guernesey ?... Autant te dire que niveau plaisir, j’atteints péniblement le moins dix-mille sur l’échelle de Richter durant les quarante-cinq minutes d’immersion… J’ai l’impression que les tuiles s’accumulent tellement qu’on pourrait en faire un film. Pour le grand écran, pas pour la p'tite lucarne !

 

Midi cinq, nous nous installons à une table du restaurant Little Corner plébiscité sur internet.

Midi six, je rejoins Catherine…

Treize heures, nous n’avons toujours pas été servis.

Treize heures quinze, nous sommes devant des assiettes tièdes sans saveur qui auraient mérité une bonne soufflante de la part de Philippe Etchebest…

Quatorze heures, on sort du resto que je ne te recommande donc pas sauf si tu veux comme moi te faire brancher par une jeune et jolie philippine qui rêvait d’un autre monde où la terre serait ronde. Sourires et regards insistants… Si je traduis, ça donne ça : « J’adore ton boule, j’adore ton boule, j’adore ton boule de mec… » Et plus si affinité… « Désolé mamzelle, je suis un homme marié et ma femme est exceptionnelle puisqu’elle me laisse vivre ma passion avec mon frère lorsqu’elle ne souhaite pas la partager avec moi… » Elle a compris le message…

 

Si bien, qu’on rend notre tablier et notre scooter en début d’après-midi après cette matinée qu’on peut considérer comme inutile, gâchée, loupée, perdue. « Arrête de faire ta pleureuse, tu vas te rattraper cet après-midi, non ?... » Non. Le monsieur nous dit que l’après-midi est consacrée au transport afin de se rendre de l’autre côté de l’île, à Oslob. « Arrête de faire ta pleureuse, tu vas pouvoir te reposer dans les bus, non ?... » Non. Le monsieur nous dit que dans le premier bus jusqu’à Bato, c’est la ligne 4 un lundi matin aux heures de pointe ! On passe deux heures debout, serrés les uns contre les autres, la main collée au plafond pour éviter de finir la tête dans le décolleté de la mamie juste devant. Bienvenue dans télémagouille, on s’en met plein les fouilles ! « Allez, serrez-vous ! Si vous pouvez encore respirer, c’est qu’on peut encore faire rentrer du monde ! Allez, faut faire du fric ! »… On dort les uns contre les autres, on vit les uns avec les autres, on se caresse, on se cajole…, on se comprend, on se console… Oui, on a vraiment besoin d’être consolé car le chiantomètre est plein à ras-bord lorsque dans le second bus pour Oslob, on prend les mêmes et on recommence… Mais sans la mamie et son décolleté…

 

Dix-huit heures, nous terminons notre mission humanitaire.

Dix-huit heures deux, c’est parti pour l’activité préférée de Stéphane Plaza : La chasse au logement ! On échoue à la Casa Bonita, très sommaire mais propre. Argent trop cher mais là, pour l’équivalent de onze euros la nuit pour deux avec rêves et petit-déjeuner compris, faut dire qu’on ne peut pas faire les difficiles…

Dix-neuf heures trente, une cuillère pour papa, une cuillère pour maman dans une gargote en compagnie une nouvelle fois de Marine et Jérôme qui ont décidé de nous suivre à la trace.

Vingt-heures trente, dicussion avec couple français âgé faisant le tour des Philipines rien qu’en scooter. Autour d’un petit rhum calamansi, cela va de soi… Couple qui nous annonce d’ailleurs que les Philippines ont été victimes d’un tremblement de terre hier ; information confirmée par la suite sur internet. Alors soit on avait bu trop de rhum Tanduay, soit on dormait comme des bébés tortues mais nous, on n’a rien senti… « Papa, maman, rassurez-vous, vos fils sont en pleine forme ! »

p1090092_optimized.jpg

« Au fait, qui a eu cette idée folle, un jour  de venir dans cette champêtre petite bourgade d’Oslob ? » En v’là une question qu’elle est bonne ! Caché dans ton guichet, contreplaqué, aggloméré, linoléum, je trouve quand même que tu es un peu pressé, non ? Je préfère ménager le chou et l’orphelin et te laisser découvrir tout ça demain. Ce que je peux toutefois te faire comme confidence pour confidence sur l’oreiller avant de dormir, c’est que j’y viens tous les ans depuis cette année et que ce n’est pas pour sa beauté digne du Havre en plein mois de novembre… Voilà, tu découvriras le reste demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

PS : Mon tout est un groupe de rock français des années quatre-vingt !

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

On part en vadrouille