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Le tour du monde en 80 jours

Jour 19 - 30 avril

La plupart des marcheurs qui parviennent jusqu’à Batad y font escale deux ou trois jours pour s’y ressourcer, loin du tumulte de leurs vies quotidiennes… Mon esprit de contradiction m’a donc poussé à m'y ressourcer deux ou trois jours, moi aussi… Mais ce matin, l’ambiance est morose. Il va falloir se résoudre à quitter ces jardins suspendus de Babylone huitièmement merveilleux. Entreprendre un trek pour venir jusqu’à Batad est une chose. Devoir s’en séparer après l’idylle que l’on vient de vivre en est une autre. Dur dur de mettre ce panorama d’anthologie dans le rétroviseur en se disant que les chances de le revoir un jour sont aussi minces que Benjamin Castaldi après son régime « Comme j’aime »…

 

Du coup, ce matin, on occupe les lieux, on tarde, on hume, on se chuchote à l’oreille quelques derniers mots d’amour en se promettant de ne jamais s’oublier… On profite jusqu’au bout en regardant méchamment l’horloge avancer inexorablement vers notre séparation. Le rendez-vous avec notre tuk-tuk étant fixé à treize heures et la rando pour s’y rendre étant évaluée à trois heures, on décide mathématiquement de lever le camp à dix, le vague à l’âme, après avoir fait le plein de calories. Éprouvant et paumatoire sont les adjectifs qui ressortent le plus lorsqu’on s’informe sur l’itinéraire qui nous attend pour gagner Bangaan. Une allemande, au petit-déjeuner, nous déconseille même fortement de nous lancer seuls dans cette aventure. Elle aurait ouï-dire que des touristes s’y seraient perdus et auraient été retrouvés complètement déshydratés après plusieurs jours… Et une fois en route, plusieurs philippins sur le chemin nous interpellent avec les mêmes mots qu’on dirait appris par cœur : « Hello sir ! Alone ? No guide ?... Be careful sir ! » C’est quand même dingue que les randos dans le coin soient autant diabolisées que ça. Car une fois de plus, on te torche ça en deux fois moins de temps que prévu sans jamais avoir eu d’hésitation en chemin puisqu’il convient simplement de le suivre ; celui-ci étant bien balisé sans possibilité d’aller fureter à droite à gauche par inadvertance.   

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Maintenant que nous sommes arrivés à destination, on a une heure et demie à poireauter ici en croisant les doigts pour voir débouler notre saint sauveur le messie du randonneur, l'ange Gabriel de la fainéantise... alias notre tuk-tuk avec qui, il y a trois jours, nous avons rapidement conclu un marché pour un soi-disant rendez-vous à un endroit approximatif où nous n’étions jamais venus… Laaapin ?... Ouais… Laaapin ?... Ouais… Laaapin ?… Eh bien non ! J’essaie d’introduire un peu de suspense là où il n’y

 a pas de deuxième effet Kiss Cool. On a attendu, il est venu, on a vaincu !

 

Sur la route du retour, on négocie un sursis probatoire d’une demi-heure pour descendre dans le petit hameau de Bangaan lui aussi noyé au milieu des rizières comme sa grande sœur Batad. Mais c’est surtout la vue depuis le viewpoint qui surplombe le village qui mérite indéniablement le Hot d'or des panoramas. Là encore, tout est beau. Les rizières, les terrasses, les poules, les poubelles… Même les cochons sont beaux ! Et les maisons, je t’ai parlé des maisons ?... Tout j’te dis ! Tu rajoutes un château, quelques fontaines, une ou deux donzelles fagotées en princesse, et on se croirait dans « La reine des rizières », le nouveau film d’animation Disney tellement c’est beau !

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Voilàààà, c’est fini… Dans le rayon des merveilles de ce voyage, Bangaan sera la dernière que nous déposerons sur l’étagère. Retour à la case départ. Départ comme fin. Fin comme retour. Retour comme bus. Bus comme avion. Avion comme France. France comme boulot… « Aurais-tu une bonne corde, s’il te plait ? »… Boulot comme paie. Paie comme argent. Argent comme billets d’avion. Billets d’avion comme voyage !!! « Bon, finalement, attends un peu pour la corde, j'ai encore des rêves de voyages à réaliser… » Attendre, cela va d’ailleurs être le maître-mot de cette fin de voyage. Attendre notre bus en dépensant nos dernières piécettes à Banaue… Attendre que notre bus arrive enfin à Manille… Attendre dans le taxi que l’embouteillage de désembouteille devant nous… Attendre notre avion… Attendre nos bagages à l’arrivée à Paris… Pour finalement attendre notre prochain voyage…

 

En CM2, ma maîtresse m’avait enseigné qu’une rédaction devait impérativement comporter une conclusion en deux parties. La première pour résumer notre développement. Et la seconde pour donner son ressenti. « De là où vous êtes, vous devez être fière de moi car trente ans après, je m’en rappelle encore ! ». Je te livre donc la conclusion de notre vadrouille en deux parties : Variée. Topissime. Variée car durant notre aventure, on a découvert des fonds marins sensationnels, des plages magnifiques, des animaux étonnants, des chutes d’eau extraordinaires, des rizières fabuleuses,… On a marché, on a plongé, on a roulé, on a sauté, on a navigué, on a volé, on est tombé… Et topissime car durant cette vadrouille, on a découvert des fonds marins sensationnels, des plages magnifiques, des animaux étonnants, des chutes d’eau extraordinaires, des rizières fabuleuses,… On a marché, on a plongé, on a roulé, on a sauté, on a navigué, on a volé, on est tombé… Bref, miss Philippines, tous les deux, c’est sûr, on est amené à se revoir ! On s’rappelle et on s’fait une bouffe ?… Tchuss !

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

On part en vadrouille