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Open water

Jour 3 - 14 avril

Pour te réhydrater le cervelet, je te rappelle que rendez-vous est pris ce matin à huit heures trente chez French Kiss Divers pour nos premiers cours, sachant que je suis rentré cette nuit frais comme une sole ayant bronzé tout l’été sous le soleil philippin. Mon frère ? N’en parlons pas puisque je ne sais même pas à quelle heure ce débauché est rentré de chez Michou. Euh, d’ailleurs, maintenant qu’on en parle, je ne sais même pas s’il est officiellement rentré tout court. Inutile de préciser que ni lui, ni moi n’avons eu la sobriété d’esprit de mettre un réveil avant de nous affaler sur nos paillasses… Toi, avec ton expérience de pilier de bar, tu le vois arriver gros comme un américain notre réveil au beau milieu de l’après-midi, n’est-ce pas ?… Et bien c’est mal nous connaître ! Car je ne sais pas si on le méritait, mais le chant des sirènes me pousse à entrouvrir une paupière après seulement trois petites heures de sommeil. D’instinct, mon œil gauche se dirige sur le lit de mon frère. Ouf ! Une épave échouée sur un banc de sable y trône en plein milieu. Mon œil droit se jette quant à lui sur mon téléphone qui affiche fièrement huit heures vingt-cinq ! « Alerte générale !!! »

 

As-tu déjà essayé de réveiller un mort ?... Moi, si. « Yeux vitreux. Bouche pâteuse. Électrocardiogramme à plat. Patient reniflant la mooooort… Vite, apportez-moi les électrochocs ! Montez à deux cents, écartez-vous, choquez !... Montez à trois-cents, écartez-vous, choquez !... Donnez-moi le scalpel, je vais l’intuber… » Bip… Bip… Bip… Ah, ça y est, on l’a récupéré. Il revient à lui même si je crains qu’il garde de cet épisode quelques séquels neurologiques. Le pauvre homme tente en effet de parler sans y parvenir… « Articulez, monsieur, on ne vous comprend pas ! » Ouf, un seau d’eau sur la tête, un coup de brosse à dent et le patient semble retrouver petit à petit ses facultés motrices. Il remarche à peu près normalement et retrouve progressivement l’usage de la parole… « Zé veux dé yo… Zé m’sens pas top top… »

 

Crois-le ou non, nous arrivons à l’heure chez French Kiss, prêt à en découdre avec nos premiers cours théoriques. « Le tuba se met dans la bouche ! Et le mamasque ? Où est-ce qu’on le met le mamasque ? » Heureusement, comme tu peux le constater, Cécile est très pédagogue. Du coup, pour l’instant, tout roule, nous arrivons à faire illusion. Heureusement aussi, Cécile n’a pas vu tous les coups de tampon qu’on a sur les bras et qui matérialisent nos entrées et sorties de la fête d’hier soir… Bon, tout ça pour te dire que notre première matinée théorique arrive à son terme et qu’il est maintenant l’heure de mettre tout ça en pratique après un petit plat de nouilles sautées englouti sur le marché local en compagnie d’Eléna, une suissesse qui suit le même cursus que nous.

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Place à la pratique, donc ! Quand faut y aller, faut y aller ! Deux petites plongées en eaux peu profondes, essentiellement pour s’exercer et travailler ce qu’on a appris sur le banc des écoliers ce matin. Rien de bien passionnant au niveau de la faune locale bien que mon frère tente d’appater les poissons par tous les moyens.

« Cécile, pourquoi n’y a-t-il pas beaucoup de poisson par ici ?

- Simplement parce qu’ils n’y trouvent pas suffisamment à manger…

- Brrrrbrbrbrb… Et maintenant, ils vont venir ? »

Oui, tu as bien compris. Le petit tour en bateau pour accéder au premier spot de plongée a suffi à mon frère pour dégazer une petite peau de renard dans cette eau jusque-là cristalline… « Pollueur ! » Après avoir lu la journée d’hier, tout le monde ici comprend mieux le célèbre dicton philippin qui dit « Soirée arrosée la veille de plonger, petit vomito assuré ». Sauf Cécile qui se dit simplement que ce petit blondinet venu de France a l’estomac bien fragile pour vomir autant après dix petites minutes de bateau… La suite va malheureusement lui mettre la puce à l’oreille. Alors que nous sommes à environ cinq ou six mètres de profondeur en train de remonter progressivement de notre seconde plongée du jour, voilà que mon esprit se met à ressasser les caïpirissimas d’hier soir. Et hop, même punition que mon frère ! Mais moi, monsieur, je ne vomis pas n’importe où ! Moi, je vomis dans mon détendeur… Miam miam ! « Me concernant, Cécile, je n’ai fait que mettre en application ce que tu nous as expliqué ce matin ; à savoir que les détendeurs de plongée sous-marine sont munis de soupapes qui permettent aux plongeurs de purger le vomi et ainsi expulser les résidus sans altérer l'arrivée d'air. Je voulais donc m’en assurer ! J’ai bien retenu ma leçon ? » Bon, elle ne m’a pas cru, n’en parlons plus…

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Allez, qu’est-ce qu’on ferait bien une fois nos cours terminés ?... Devine un peu… Bingo, retour à notre chambre pour une sieste collégiale sans passer par la case baignade ! Et ce n’est qu’à l’heure de l’apéro que tout notre petit monde se réveille. Cool, on a suffisamment rechargé nos batterie pour faire les vingt mètres qui séparent notre lit du restaurant de notre guesthouse. En parlant de restaurant, je te le conseille fortement. Bien que tous les plats de la carte soient végétariens, ils donnent envie de se faire craquer la ceinture ! On termine donc cette journée tant bien que mal en dégustant nos plats au son d’un concert live de reggae bien cool comme il faut. Tout ce qu’il nous fallait, en somme, pour remettre nos estomacs et nos têtes dans le sens de la marche avant notre nouvelle journée de plongée de demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

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Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille