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En avril, suis la file !

Jour 7 - 18 avril

Bon, soyons clair, dans la vraie vie de tous les jours chipo popo dodo, le Franck est une espèce qui ne se gargarise pas vraiment de se lever tôt. Sauf qu’en voyage, les réveils très matinaux peuvent permettre soit de voir des choses impossibles à découvrir lorsque le soleil est déjà tout là-haut dans le ciel, soit d’éviter les flux envahissants de chinois, soit de se jeter dans les transports pour ne pas consommer une trop grosse partie du capital temps si précieux en voyage. Pour aujourd’hui, ce précepte, cette façon de voyager, cette philosophie de vieux routard,… tu peux bien te la ranger tout au fond à droite !

P.S. : Note pour moi-même. Lors de mon prochain voyage aux Philippines, penser à surtout ne pas prévoir de prendre un moyen de transport quel qu’il soit lors du week-end de la semaine sainte sous peine de se lever tôt pour rien, une fois de plus…

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Il est effectivement sept heures lorsque nous arrivons à la station des bus avec pour objectif de migrer le plus tôt possible vers Moalboal au sud ouest de Cebu. Pffff… le « plus tôt possible »…, la blague Carambar du jour… Si mon organisation était cotée en bourse, ce serait le moment de vendre ! Car c’est simple, dans cette foutue station de bus, nous y prenons notre petit-déjeuner, notre collation de dix heures et notre déjeuner du midi ! J’ai l’impression que lorsque je suis entré ici, Chirac était encore président ! Le « plus tôt possible » se transforme finalement à l’insu de notre plein gré en départ en tout début d’après-midi !

Ne te moque pas, je te résume tout ça : Pour commencer, on fait la queue dans la rue pour simplement pouvoir entrevoir un semblant de station de bus. Une fois cette longue file d’attente ingurgitée, on se dit que les portes du bus vont comme par magie s’ouvrir devant nous. Ça aurait pu se passer comme ça si nous étions au pays des Bisounours ! Car une fois dans la cour intérieure, nous sommes dirigés vers une salle d’attente immense érigée pour l’occasion sous un chapiteau de fortune. Là, on avance petit à petit, une chaise après l’autre, un peu comme dans le jeu de l’oie où le graal est la dernière case. Et on a droit à quoi une fois cette dernière case atteinte ? Le bubus ? Le cacar ?... Non, tu as l’autorisation de contourner le bâtiment principal derrière lequel se trouve… une autre salle d’attente encore bien plus grande avec ce même système de chaises ! Moi qui déteste voir me glisser entre les doigts des heures de voyage, je suis chafouin bien comme il faut. Oui, oui, j’ai bien dit « chafouin », ce mot qui n’avait plus été prononcé depuis Henri IV… Bref, on patiente. Bref, on attend. Bref, on passe de chaise en chaise musicale en profitant de la surprise de notre œuf Kinder : Une animation karaoké organisée par la police nationale ! Non, je ne suis pas victime d’une insolation, la police a bien mis en place un karaoké pour faire patienter tout ce petit monde. Et en plus, matraque à la ceinture et lunettes noires sur le nez, les Village People s’essaient à la chansonnette ! Un peu comme si nos CRS avait organisé des crêpes-party sur nos rond-points pour faire patienter les gilets jaunes… Aux Philippines, les dieux sont vraiment tombés sur la tête !

 

Salle d’attente géante ? Check ! Du coup, le bubus ? Le cacar ?... Ben non, toujours pas ! Nous entrons maintenant officiellement dans le saint du saint : La salle estampillée « Salle d’attente officielle » de la gare routière ! Moi, j’ai épuisé tous les sujets de conversation possibles et imaginables avec mon frère, j’ai compté l’une après l’autre chacune des sept-cent-vingt-huit chaises sur lesquelles j’ai posé mon fessier pour en arriver jusqu’ici… Pour faire passer le temps, je n’ai plus d’autre choix que d’entamer la conversation avec mon voisin philippin dont les chicots sont le Waterloo de l’orthodontie :

« Hé voisin, c’est quoi ton prénom ?

- Odam !

- Sur la tête d’Odam, il meurt tout de suite s’il y a encore une salle d’attente cachée dans l’arrière-arrière-cour de la gare routière ! »

Ouf, il s’agissait bien de la dernière étape. Nous sommes enfin autorisés à monter les trois marches de notre bus… Enfin, je crois… Enfin, j’espère… Yes, pas de « Retour à la case départ », on monte dans notre bus et Odam s’en sort sain et sauf.

 

Le trajet en bus est, comme on peut dire, un trajet en bus classique. Trois heures pendant lesquelles tu peux quand même retenir deux choses : En un, que les paysages traversés sont verdoyants, vallonnés, exotiques, ruraux. Et en deux, que nous échangeons avec un jeune couple de tourdumondialistes français, Marine et Jérôme. Le premier point, c’est juste pour savoir à quoi t’attendre lorsque tu effectueras le trajet ; le second nous servira pour la suite… Bref, nous voilà parvenus à Moalboal « le plus tôt possible », c’est-à-dire vers seize heures ! Ici, le bonheur sera simple comme un tour de scoot ! On en loue deux à notre arrivée pour quatre-cents pesos l’unité par jour ! Marine et Jérôme ne savent pas trop quoi faire en arrivant… Ils font donc comme nous. Mon programme du jour s’étant fait amputer des deux bras, on va se contenter de consacrer cette fin de journée à la Teobas Homestay où j’ai réservé un bungalow pour les trois prochaines nuits. Marine et Jérôme ne savent pas trop où aller en arrivant… Ils font donc comme nous.

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Ahhhh, la Teobas Homestay… Je pourrais écrire un livre sur la Teobas Homestay... Par quoi commencer ?... Pour contextualiser le truc, imagine un parc arboré très bien entretenu où sont disséminés des bungalows en bambou, le tout donnant sur une baie à l’eau translucide. Attention, si tu es allergique au turquoise, ce qui va suivre peut t’être fatale ! Bon, je m’émerveille de tout alors que ces premières images ne sont qu’un prémisse de l’environnement qui nous attend. Car cette baie, ce n’est ni la baie des cochons, ni la baie d’Authie, ni la baie Pierre. Je te présente Turtle Bay, la baie des tortues ! Niveau marketing, le gars qui lui a un jour donné ce nom a tapé dans le mille car c’est ce qui m’a décidé à réserver nos nuits ici. Car, à ton avis, qu’est-ce que j’espère y voir une fois la tête sous l’eau ?... Bien vu, des tortues pardi ! Comment t’as deviné ?...

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Faut pas déconner quand même, on est aux Philippines et ici, le SAV est encore mieux que chez Darty ! Tortues garanties à cent pourcent sur tous les voyages ! Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de donner leur bain à nos petites Go Pro pour graver ces éventuelles rencontres sur film VHS… Suspense… Vont-ils nager en compagnie d’une testudine lors de cette première baignade ici ?... Trois minutes trente ! C’est le temps qu’il me faut pour entrevoir la première ! Yepaaaa ! C’est fou la grâce qu’a une tortue lorsqu’elle évolue sous l’eau. Pour te donner une image, c’est un peu comme quand je jouais au foot… Il y a vraiment une sensation de sérénité et d’invincibilité qui se dégage du corps...

« Quelle folie, quelle complicité ! Qu’est-ce qui nous arrive ma petite tortue ? » Bon, le sentiment amoureux qui commence à poindre de mon côté ne semble visiblement pas partagé. Aucune suite ne sera donné à ce speed-dating. Car après cette balade main dans la main, voilà que ma tortue en a déjà marre de mon humour et décide de me fausser compagnie. « Moi pas comprendre, moi venu en ami ! » Loin de moi l’idée de me morfondre pour une rupture aussi subite soit elle, me voilà déjà à convoler en noce avec un deuxième spécimen ! Je passe comme ça d’une tortue à l’autre pour finalement en voir une petite sixaine… Le kif ! Devant ton écran au taf avec ton rhume et ton mal de gorge, profite de ces quelques photos et vidéos qui devraient te requinquer… Et puis parce que c’est toi, pour le prix des tortues, je t’ajoute quelques beaux coraux et poissons-clown en prime…

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Avant de retourner au bungalow où nous attendent une bonne douche et une bonne couche de Biafine, je voudrais reparler du nom de notre fameuse baie. Même si cela fait moins tapageur, je pense que le nom de la baie le plus approprié aurait été la baie des méduses ! Car il faut que tu le saches, mais s’il y a autant de tortues dans le coin, c’est que les eaux de la baie sont infestées de ces petites bestioles dont elles viennent se délecter. Au début, ça peut surprendre de se retrouver au beau milieu de centaines de petites méduses, mais après quelques piqûres, on n’y fait plus très attention, surtout que la douleur passe assez rapidement sans avoir à se faire pipi dessus. A moins que ce ne soit le spectacle des tortues qui nous la fasse oublier ?

Notre fin de journée, nous la passons tranquillement sur la terrasse de notre bungalow en compagnie de Marine et Jérôme à siroter des caïpirissimas faites maison tout en refaisant le monde. Et puis je l’avoue, en se moquant aussi un peu de nos amis les chinois… Oui, je sais, c’est méchant mais ça fait du bien !... Je ne sais pas comment on dit « Santé » en philippin, mais « Santé » quand même !

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Avant ça, nous sommes allés manger à Moalboal, et plus précisément dans le quartier touristique de Panagsama Beach. Verdict du juge numéro un : Ambiance bien moins cool et tarifs plus élevés qu’à Malapascua. Verdict du juge numéro deux : Plus facilement accessible que Malapascua, Moalboal fait très station balnéaire lambda… Bilan des courses : Il semblerait que Moalboal ne soit pas l’élue de nos cœurs. Mais attention, nous n’avons pas fait tout ce chemin pour la ville en elle-même mais bel et bien pour ce qu’il y a à y faire et à y voir dans les alentours. Mais tu découvriras tout ça dès demain… De toute façon, demain est une autre aventure…

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(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

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Quand je ne suis pas en vadrouille, soit je prépare la suivante, soit je raconte la précédente...

On part en vadrouille