P1090039-min.JPG

Go… Go Phili go, go !

Jour 9 - 20 avril

Tu peux être sûr et certain qu’en tapant avec tes deux doigts « Philippines » dans Lycos, une multitude de photos d’endroits tous plus paradisiaques les uns que les autres vont t’éclater au nez et à la barbe, parmi lesquels Batad ou encore El Nido pour ne citer que les plus connus. Au milieu de ces cartes postales parmi les plus belles du pays, se glisseront certainement quelques clichés d’immenses chutes d’eau se jetant dans des bassins à la couleur irréelle synonymes de pulsions te sautant sauvagement à la gorge. « Vite, il me faut mon cochon en porcelaine pour que je lui fracasse le groin ! Il me faut des billets d’avion ou j’tue l’chien ! » Oui, je sais, ça m’a fait pareil… Pauvre Rex… Bref, cet endroit, ce sont les Kawasan Falls. Ces chutes d’eau constituent l’un des lieux les plus courus des Philippines. Tout d’abord parce qu’elles sont sublimes mais également parce qu’elles sont assez faciles d’accès au contraire d’autres endroits peut-être aussi jolis mais tellement isolés sur l’une des sept-mille îles que compte le pays, à tel point que tu hésiteras à faire le voyage « juste pour ça ». Bref, les Kawasan Falls sont sur l’île de Cebu où nous sommes présentement confortablement installés, et même si elles sont considérées comme étant touristiques, ce serait dommage de s’en priver, non ? Sauf qu’on n’a pas l’intention de « juste » voir ces chutes d’eau ! Me connaissant sur le bout des doigts, tu sais maintenant que lorsqu’il y a un moyen un peu plus insolite de profiter d’un endroit, je saute sur l’occasion. Sauter, c’est le cas de le dire car après deux ou trois clics sur internet, j’ai découvert qu’on pouvait pratiquer le canyoning en amont des chutes pour terminer tranquillement dans les bassins bleus turquoise… On va donc se mouiller le slip-kangourou pour te faire découvrir ça !

 

Rendez-vous est pris ce matin avec l’agence Badian Canyoneering que l’on rejoint après environ quarante minutes de scooter. De là, un dimanche matin, avec mon frère et notre accompagnateur, sur la mobylette, je ne lui passe pas la main entre les deux seins, direction le haut de la montagne jusqu’au point de départ où les consignes de sécurités nous sont communiquées. Il faut quand même que tu saches qu’entre le canyoning et moi, c’est une longue love story enflammée. Dans une autre vie maralpine, je m’en injectais sous intraveineuse chaque week-end. Donc leurs consignes « Ne pas sauter si quelqu’un est juste en dessous, ne pas tenter de casser les rochers avec sa tête,… », ça me fait doucement sourire surtout que le premier truc qui choque ici en commençant la descente du canyon, ce sont nos gilets de sauvetage défraîchis et nos casques à vélo en polystyrène en guise de protections… « I’m choqued » ! Non, totalement faux ! En fait, le premier vrai truc qui me choque ici, c’est la végétation ! Ben oui, la végétation ! Ne pas t’en parler, ce serait un peu abuser, quand même… Car entreprendre un canyoning, comme je te l’ai déjà dit, moi très bien connaître. Mais entreprendre un canyoning au jardin des plantes exotiques, ça, moi, pas connaître du tout ! Si bien que cette activité ressemble presque à la descente de la rivière sauvage à Center Parc, si tu vois ce que j’veux dire…

P1090037-min.JPG
P1090046-min.JPG
P1090044-min.JPG

Ensuite, il faut aussi que je te parle du niveau de difficulté. Là aussi, cela ressemble presque à la descente de la rivière sauvage à Center Parc, si tu vois ce que j’veux dire… La hauteur des sauts ne dépasse pas les douze mètres, les points de difficulté sont inexistants, les risques de se blesser sont pratiquement nuls, sauf bien évidemment si tu sautes lorsque quelqu’un est juste en dessous ou si tu tentes de casser les rochers avec ta tête… Mais pourtant, le kiffe est bien au rendez-vous qu’on lui a fixé ! Encore une fois, c’est le fait de nager ou de sauter gaiement dans l’eau chaude de cette rivière sauvage avec tout l’environnement équatorial qu’il y a autour qui fait qu’on apprécie du début jusqu’à parvenir aux Kawasan Falls.

P1090043-min.JPG
P1090046b-min.JPG
P1090038-min.JPG
P1090045-min.JPG
P1090040-min.JPG
P1090042-min.JPG
P1090036b-min.JPG
P1090041-min.JPG

Alors oui, ces chutes sont magnifiques. Mais non, ne fais pas comme nous l’erreur fatidique d’y venir lors du week-end de Pâques où c’est officiellement le royaume des tongs, des hot-dogs et des perches à selfies en tout genre ! J’en pleure des larmes de Schweppes Agrumes tellement c’est blindé et presque défiguré ! Mais c’est magnifique ! Mais c’est blindé… et presque défiguré ! Mais c’est magnifique ! Du coup, au milieu de la populace, on ingurgite le repas compris dans le package, on sert la pince de notre accompagnateur au métier pouvant susciter des envies, et on prend la décision de s’isoler en s’exilant vers l’intérieur de l’île. Il n’est en effet que onze heures et nous sommes encore dans le timing pour pouvoir atteindre Osmena Peak, le point culminant de l’île de Cebu. Bien évidemment, en chemin, la route devient plus montagneuse. Bien évidemment, c’est magnifique. Bien évidemment, tu vas me dire que rien ne ressemble plus à une route de Cebu qu’une autre route de Cebu... Oui, c’est pas faux… Mais primo, on ne se lasse pas de les parcourir en scooter même si la première partie est complètement défoncée. Et secundo, outre le relief, ce qui change le plus par rapport au littoral, c’est le comportement des philippins croisés. Tu croises un adulte ? Il te fait un petit signe synonyme de bienvenue. Tu croises un enfant ? Il se presse en bord de route pour te taper dans la main sur ton passage. Tu croises aussi vaches, poules, chiens,… tous heureux de voir ta tronche de blanc-bec ici… On est bien, on se sent bien, et on ne voit pas passer l’heure de route nécessaire pour arriver au point de départ officiel de la rando menant tout là-haut au sommet d’Osmena Peak.

P1090087-min.JPG
P1090048-min.JPG
P1090090-min.JPG
P1090047-min.JPG

Dit comme ça, on s’imagine un trek de haute montagne avec chaussures de rando, bivouac, bâtons et tout le tintouin… Il n’en est rien ! Pour accéder au sommet, le sentier qui y mène ne nécessite que très peu d’efforts et environ une demi-heure de marche. Par contre, la vue à trois-cent-soixante degrés que le sommet procure sur toute l’île vaut le détour ! On y aperçoit même les quelques îles environnantes… et des têtes connues : Marine et Jérôme qui ont fait un copier-coller de notre programme ! Bon, un panorama, c’est bien, mais un panorama en mangeant des bananes flambées, c’est mieux ! Je vais donc consacrer quelques lignes de cette journée pour faire un peu de publicité à la vendeuses de bananes flambées installée le long du sentier d’accès. Deux bananes achetées, la troisième gratuite ! Et si tu dis que tu viens de ma part, ben ce sera le même prix ! Valable, non ? Et surtout à se damner !

P1090079-min.JPG
P1090068-min.jpg
P1090066-min.JPG
P1090081-min.JPG

Arrête-moi si j’me trompe mais j’ai l’impression qu’Osmena Peak consomme au final moins de temps que prévu… Bon, vu que tu ne m’as pas arrêté, j’en déduis donc qu’il nous reste encore du sable dans le tablier pour activer un plan B… On a le choix entre aller lézarder sur Lambug Beach, rentrer à la guesthouse pour y faire une sieste, ou aller faire du shopping à Panangsama. Alors là, cent-dix pour cent d’accord avec toi ! Sandrine n’étant pas de la partie, inutile de perdre du temps avec toutes ces considérations et concessions sans intérêt ! Toi et moi, nous voulons encore de l’évasion, de l’exotisme, de la découverte ! Et ça tombe bien, mon frère aussi ! Ah, tiens, Marine et Jérôme également puisqu’ils souhaitent nous coller au train. Tout ça se résume en deux mots : Cambais Falls.

 

Si toi aussi tu es amateur de tartiflette, viens ici, tu ne le regretteras pas ! Petite marche d’accès au milieu d’une végétation luxuriante qui permet de déboucher sur une succession de chutes d’eau magnifiques ! On n’est pas bien, là, Tintin ? Bon, les locaux n’ont pas attendu la parution de mon article pour prendre conscience de la beauté de leur patrimoine naturel. Nous n’y sommes donc pas seuls mais on est bien loin de l’ambiance Aquaboulevard de tout à l’heure. Je contourne le bassin et ne résiste pas à l’appel du petit plongeon. Mon frère contourne le bassin et ne résiste pas à l’appel du petit plongeon. Jérôme ne contourne pas le bassin et ne résiste pas à l’appel du petit plongeon. Et c’est à cet instant précis que je suis pris d’une sensation étrange… Un dédoublement de personnalité… A la façon « L’homme qui valait trois milliards », mon cerveau se met à faire des maths ! Oui, oui, en voyage ! Prise d’élan, vitesse du protagoniste, profondeur de l’eau, inclinaison du corps...  Résultat de l’équation : Choc frontal imparable ! « Il a fait bib bip, on a fait meuh, il a coulé à pic ! » Jérôme s’explose la tête dans trente malheureux centimètres d’eau ! Es-tu déjà tombé sur des vidéos de concours de plongeons dans des piscines remplies de trente centimètres d’eau ?... Et bien là, rien à voir ! Niveau rendu, j’veux dire… Imagine un gars planté littéralement dans le fond d’un plan d’eau. Les juges sont sans pitié. Note artistique : Deux ! Note technique : Zéro ! Par contre, note humoristique : Dix ! Surtout après l’avoir vu se relever miraculeusement sans trop de bobos à déplorer…  

P1090062-min.JPG
P1090067-min.jpg
P1090085-min.jpg
P1090086-min.jpg
P1090058b-min.JPG
P1090058-min.JPG
P1090063-min.jpg

Voilà pour cette journée une nouvelle fois bien remplie ! Pour faire durer le plaisir, je peux quand même ajouter qu’on l’a terminée au JG’s Grill, peut-être le meilleur resto où il nous a été donné de manger depuis notre arrivée en territoire philippin. Je n’ai plus qu’à te souhaiter une bonne nuit. Moi, je vais pouvoir ruminer sur ce qu’a pu passer par la tête de mon arsouille de téléphone, officiellement inscrit sur la liste des personnes mineures ayant mystérieusement disparues. Si je n’ai pas de nouvelle demain, peut-être vais-je devoir penser à aller déposer plainte pour vol. De toute façon, demain est une autre aventure…

Et si tu veux me laisser un petit message ou partager la page... 

(... en vrai, ça me fera plaisir...)

Franck

Auteur Organisateur Conteur Photographe

... pour te servir !

On part en vadrouille